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Valeur nutritionnelle du Moringa Oleifera, étude de la biodisponibilité du fer

Résumé

Dans le but d’évaluer la valeur nutritionnelle du Moringa Oleifera, nous avons effectué l’analyse chimique de ses produits (les gousses fraîches, les feuilles fraîches, les fleurs fraîches, la poudre des feuilles). La biodisponibilité du fer de la poudre des feuilles de Moringa Oleifera ou Nébéday et de plats traditionnels sénégalais (bouillie de mil, de fonio, Ceere Mbuum) enrichis ou non avec la poudre a été aussi déterminée.

L’analyse chimique montre que les produits de Moringa Oleifera sont riches en protéines (feuilles, fleurs, poudre) et que les gousses sont plus riches en matières grasses et apportent plus d’énergie que les autres produits du Moringa. L’analyse des minéraux a montré que les produits de Moringa Oleifera sont riches en calcium pour les macronutriments et en fer pour les oligoéléments. La détermination de la biodisponibilité du fer de la poudre des feuilles et des plats enrichis avec la poudre montre une faible biodisponibilité. Ceci montre que le fer contenu dans la poudre des feuilles séchées pourrait provenir d’une contamination et/ ou de l’existence d’inhibiteurs de l’absorption du fer. L’enrichissement des plats avec la poudre des feuilles augmente les teneurs en protéines et en fer (sauf pour la bouillie de mil).

En conclusion la poudre de Moringa Oleifera est riche en protéines et en fer qui néanmoins reste peu biodisponible. L’enrichissement des plats avec la poudre des feuilles améliore les teneurs en protéines mais influe peu sur le contenu en fer biodisponible.

Mots-clés : Moringa Oleifera, Biodisponibilité, fer, enrichissement, in vitro

Introduction

Originaire du Nord de l’Inde, le Moringa Oleifera est d’usage assez courant en médecine populaire et en alimentation dans les sociétés africaines et asiatiques (2). En effet ses feuilles sont communément consommées dans toute l’Afrique de l’Ouest. De nombreuses vertus sont conférées à cette plante (1,2) : médicinales (antidiarrhéique, hypotensive, bactéricide, laxative), purificatrice d’eau.
Au Sénégal, les feuilles sont généralement consommées cuites sous forme d’une sauce appelée Mbuum accompagnant le couscous à base de céréales composés de mil, maïs ou riz (cf. recettes du Sénégal du projet IPGRI Légumes feuilles). Les feuilles sont utilisées fraîches ou séchées et réduites en poudre. Des travaux antérieurs ont décrit la composition nutritionnelle de la plante (1).

En effet Toury et al qui ont analysé des feuilles fraîches de Moringa Oleifera de la région de Dakar donnent la composition suivante pour 100g : eau 74,7%, protéines 8.1%, lipides 0.6 %, glucides totaux 14.1%, cellulose 2,13%, cendres 2,5%, calcium 531mg, fer 11,7mg, vitamine C 220 mg, thiamine 0.23mg, riboflavine 0,77mg, niacine 2,66 mg et un équivalent vitamine A de 5000 µg/100g. La richesse des feuilles en certains éléments nutritifs, notamment en protéines, en calcium et en fer a conduit à introduire les produits du Moringa Oleifera dans leur programme de lutte contre la malnutrition.

C’est ainsi qu’en 1997 une ONG américaine en collaboration avec une ONG sénégalaise ont démarré un projet pilote dénommé « Projet de récupération nutritionnelle des enfants, des femmes enceintes et des femmes allaitantes. Une évaluation du projet en 1998, par des témoignages de la population et d’agents de santé montre une certaine efficacité de la poudre des feuilles de Moringa dans la prévention de la malnutrition et dans la récupération des enfants malnutris. Mais aucune étude scientifique n’avait étayer ces faits, d’où l’objet de cette étude.

La malnutrition et les carences associées en particulier l’anémie constitue l’un des plus grands problèmes de santé publique dans les zones les plus pauvres des pays en développement (3). Les causes de cette affection sont multiples mais surtout nutritionnelles caractérisée par un faible apport de facteurs hématopoïétiques (fer, vitamine B12, folates).

L’apport en fer des aliments des pays en développement ne permet pas de couvrir les besoins en fer des populations (7). Le type de régimes de ces pays et la faible biodisponibilité du fer dans l’alimentation liée à la présence de facteurs inhibiteurs de l’absorption du fer tels que les polyphénols, les phytates et les fibres constitue la principale entrave à la couverture des besoins en fer des populations (7-10). La valorisation de variétés végétales riches en micronutriments est une stratégie pour lutter contre les carences en micronutriments.

L’objectif principal de l’étude est d’évaluer la biodisponibilité du fer dans la poudre des feuilles de Moringa Oleifera et de plats enrichis avec cette poudre.

Les objectifs spécifiques sont :

1 – Déterminer la composition chimique des feuilles fraîches, des gousses fraîches, des fleurs fraîches et de la poudre des feuilles séchées,
2 – Evaluer l’apport en fer et en protéines de plats enrichis et non enrichis avec la poudre de Moringa Oleifera couramment consommés dans le sud du Sénégal,
3 – Mesurer la biodisponibilité en fer de la poudre et des plats.

Matériel et méthode

1. Les produits

Les différentes parties fraîches (gousses, fleurs, feuilles) de la plante étudiées ont été récoltées dans la région de Dakar sur différents arbres pour avoir des produits frais. Les produits frais ont été conservés à +4°C. Les dosages sont effectués sur la matière encore fraîche. La poudre est celle préparée par les populations de Casamance dans le cadre du projet de l’ONG sénégalaise. Elle est obtenue par pillage des feuilles séchées à l’abri d soleil, la poudre est conservée dans des sachets en plastique.

2. Les plats

a. les bouillies

Elles sont préparées avec deux céréales : le mil (Pennisetum thyphoides) et le fonio (Digitaria exilis).

Bouillie de fonio : 200g de fonio et 100g de poudre d’arachide sont cuites dans 1L d’eau de robinet, 60 g de sucre sont ajoutés en fin de la cuisson qui dure 20 mn.
Elle est enrichie avec 15g de poudre de feuilles de Moringa Oleifera après cuisson.

Bouillie de mil : c’est une bouillie à base de farine de mil (50 g), de pâte d’arachide « Dégué » (50g). Elle est cuite pendant 25 mn avec 600 ml d’eau et est sucrée (30 g).
Elle est enrichie après cuisson avec 10 g de poudre de feuilles de Moringa Oleifera

b. Le Mbeulekhé
C’est un plat à base de riz et de sauce. La sauce est constituée de pâte d’arachide cuite « Dégué »(340 g) ,de poisson frais( 300 g),de poisson braisé,fumé et séché « kéthiakh » et de poisson fermenté séché »guedj » (5 g). L’ensemble est cuit avec 1,5 l d’eau additionnée d’oignon (5 g), d’huile de palme (10cuilléres à soupe, de piment et une pincée de sel. Elle est enrichie avec 30 g de poudre de feuilles de Moringa Oleifera.

Le riz cuit (1kg de cuit dans 1,5 l d’eau) est mélangé à la sauce dans un rapport ¼(sauce /riz). La cuisson dure 55 minutes.

c. Couscous de mil ou Ceere Mbuum en ouolof

Le couscous (Thiéré Mboum en woloff) est à base de mil (Pennisetum typhoides) souvent vendu dans les marchés sénégalais. La sauce Mbuum est constituée de feuilles fraîches de Moringa Oleifera (300 g) cuites pendant 65mn avec de la poudre de poisson fumé kéthiakh (200g) et de poudre d’arachide (300 g) dans 2,5 l d’eau. Un cube bouillon et une pincée de sel sont ajoutés à la sauce.

3. Composition chimique des produits de Moringa Oleifera

Les dosages ont été effectués selon les méthodes AOAC (12). Les échantillons analysés en triple pour les minéraux (calcium, fer, sodium, magnésium, zinc, potassium) et en double pour l’humidité, les protéines, les matières grasses ; les cendres et la cellulose.

– L’humidité : l’échantillon subit une dessiccation à l’étuve à 105°C pendant 4 heure et la différence de poids donne le taux d’humidité ;
Les protéines : elle sont dosées par la méthode de Kjeldahl ;
Les lipides : ils sont extraits par un solvant non miscible (n-hexane) dans un extracteur de type Soxhlet (Unid Tecator, System HT2 1045, Suède). Après évaporation du solvant et pesage de la capsule à l’étuve à 105°C pendant 30mn ; la différence de poids donne la teneur en lipide de l’échantillon
Les cendres : l’échantillon est carbonisé sur un bec bunsen puis incinéré dans un four à 600°C pendant 6 heures ;
La cellulose : l’échantillon bien broyé est mis dans un ballon et on y ajoute 50 ml d’acide sulfurique (H2SO4 0.3N).Chauffer pendant 30mn puis ajouter 25ml de soude (NaOH 1.5N) et chauffer pendant 25mn et ajouter 0.5g d’EDTA (Ethylène Diamine Tétra acétique) maintenir l’ébullition pendant 5mn.A la fin du chauffage, filtrer le mélange à travers un creuset filtrant de porosité 2, laver avec 3 portions de 50ml d’eau distillée ,25ml d’éthanol et 25ml d’acétone. Le creuset est ensuite séché à l’étuve à 130°C pendant 2 heures et refroidi au dessiccateur puis pes é. Il est enfin porté au four à 400°C pendant 2 heures pour incinération, puis pesé après refroidissement ;
– Les minéraux : minéralisation par voie sèche, les cendres obtenues contiennent les éléments majeurs (Na, Ca, Mg, K, etc.) et les oligo éléments (Fe, Zn, etc.). Ces minéraux ont été dosés par Spectrophotométrie d’Absorption Atomique avec un appareil de type Pelkin Elmer (PE 3110, Norwalk USA),

Les glucides sont calculés par différence. La valeur énergétique correspondant à l’énergie disponible est calculée à l’aide des coefficients spécifiques d’Atwater pour les protéines, les lipides et les glucides.

4. Biodisponibilité du fer

Elle a été déterminée par la méthode in vitro de Miller et al. (13) modifiée selon Kane et Miller (14). Elle consiste à simuler les conditions gastro- intestinales pour avoir des indications de l’absorption du fer au niveau intestinal. La mastication est remplacée par une homogénéisation. Il y a une double digestion pepsique et pancréatique. Les pH stomacal et intestinal sont respectés par ajustement progressif du pH pour avoir un pH 2 pour la digestion pepsique et un pH 6,7-7,2 pour la digestion pancréatique. L’utilisation du bain-marie agitant à 37°C permet à la fois de simuler les mouvements intestinaux et de respecter la température corporelle. La surface d’absorption intestinale est remplacée par des sacs à dialyse de diamètre 6000-8000 Ǻ (Spectra /Por membrane MWCO, California, USA).

a. Préparation des réactifs
Les réactifs utilisés sont :

– une solution d’hydrogénocarbonate de Sodium (Na HCO3) 0.1N ;
– une solution de hydroxyde de potassium (KOH) 0.5M ;
– une solution de chromagéne obtenue par dissolution de bathophénanthroline dans une solution d’acétate de sodium 2M ;
– un précipitant protéique préparé avec du TCA (acide trichloroacétique) et de l’hydrochlorure d’hydroxylamine ; hog stomach mucosa, Sigma, St Louis, Mo USA) et de l’acide chlorhydrique (HCL) 0.1N. ;
– une suspension pancréatine-bile (rapport 0,16) Les solutions d’étalonnage sont préparées à partir de la solution mère de fer (1g/L)

b.Prise d’essai et digestion pepsique
Après homogénéisation, une quantité suffisante est pesée pour obtenir 4 aliquotes de 20g à la fin de la digestion pepsique. Pour le blanc réactif, l’échantillon est remplacé par de l’eau déminéralisée. Une solution d’HCl 6N est ajoutée à l’aliment jusqu’à l’obtention du pH 2. Pour la digestion pepsique un volume de la solution de pepsine respectant le rapport 0,5g de pepsine pour 100 g d’aliment est ajouté dans l’Erlenmeyer contenant l’aliment à pH 2 puis incubé au Bain-marie agitant à 37°C pendant 2 heures . Après la digestion pepsine, 4 aliquotes de 20g sont prélevés. Les 3 vont être congelés pour la détermination du fer dialysable et le 4ème utilisé pour celle de l’acidité titrable obtenue par la mesure du volume de KOH nécessaire pour mener le pH du produit de digestion pepsique à 7,5.

Moringa Oleifera

Moringa Oleifera

c. digestion pancréatique

Dans chaque sac à dialyse est introduit un volume d’hydrogénocarbonate de sodium 0,1N égal au volume de KOH utilisé pour l’acidité titrable de l’échantillon correspondant puis on ajuste à 20ml avec de l’eau déminéralisée. Les sacs ont une longueur de 22 cm avec un nœud à chaque extrémité. Pendant la préparation de ces sacs, les 3 aliquotes sont décongelés dans un bain-marie à agitation à 37°C. Les sacs à dialyse sont placés sont placés chacun dans les Erlenmeyer et mis au bain-marie. A la 30ème minute ,5ml de la suspension pancréatine-bile sont ajoutés à chaque Erlenmeyer. Après 2H, les sacs à dialyse sont retirés à l’aide d’une baguette de verre, rincés et essuyés. Le volume de dialysat de chaque sac est mesuré à l’aide d’une éprouvette de 25ml.

Le traitement pour le développement de la couleur et la lecture : 2ml de chaque dialysat,2ml d’eau déminéralisée (blanc étalon) et 2ml de chaque étalon sont mis dans des tubes corex de 30ml dans lequel on ajoute 1ml de précipitant protéique. L’ensemble est mélangé au vortex et chauffé pendant 10mn dans un bain d’eau bouillante, puis refroidi. Le mélange est ensuite centrifugé (4000xg pendant 5mn à température ambiante), 2ml de surnageant sont ensuite mélangés à 1ml de solution de chromagéne .Après 10mn, faire la lecture de la densité optique au Spectrophotomètre à 535 nm.

De chaque absorbance de dialysat et à celle des étalons, il faut soustraire l’absorbance du blanc réactif. Le fer héminique contenu dans la sauce et le Mbuum provenant du poisson est calculé à partir des tables de composition alimentaire et soustrait du fer total. La formule suivante donne la biodisponibilité du fer dans l’aliment considéré.

Biodisponibilité (%) = quantité de fer dialysable / quantité totale de fer héminique x100

Fer susceptible d’être absorbé = quantité de fer non héminique x biodisponibilité

Résultats

1. Composition des produits de Moringa Oleifera

Les teneurs en macronutriments et en minéraux des produits de Moringa oleifera sont indiqués dans les tableaux 1, 2, 3 et 4.

Commentaires :

Les produits frais de Moringa Oleifera (feuilles, fleurs, gousses) sont très riches en eau avec des taux d’humidité supérieurs à 73%. La concentration de nutriments est faible dans les feuilles, les fleurs et les gousses fraîches. La transformation des feuilles fraîches en poudre diminue l’humidité et augmente la teneur en protéines. Ainsi la comparaison des teneurs en macronutriments de 100g de poudre et de 100g de feuilles fraîches montre 2 fois plus de protéines ,5 fois plus de lipides, 2 fois plus de cellulose et 5 fois plus de glucides( Tableau 1)

L’analyse des teneurs en nutriments de ces produits par rapport à la matière sèche montre que les macronutriments dominants sont les protéines pour les feuilles, les fleurs et la poudre des feuilles et les lipides pour les gousses. Les teneurs en protéines pour les gousses sont multipliées par 3 par rapport aux feuilles et par 2 par rapport aux fleurs. Les gousses sont très riches en matières grasses et en cellulose. La poudre est très riche en cendres, les taux de cendres des feuilles et celui des fleurs et gousses sont respectivement multipliés par 5 et 10 dans la poudre (Tableau 2)

Les teneurs en minéraux sont plus importantes dans la poudre des feuilles. Les produits frais n’ont pas des concentrations élevées en minéraux. La transformation des feuilles en poudre permet une concentration en minéraux. En effet, les teneurs en Ca, Na, K, Mg, Fe et Zn dans 100g de feuilles sont ainsi multipliées respectivement par 13, 3, 12, 13, 3, 6 (Tableau 3).

La poudre est riche en minéraux notamment en calcium, en potassium et en magnésium. La teneur en fer des gousses est très faible par rapport à celle des autres produits. Les teneurs en zinc des différentes parties de Moringa Oleifera sont faibles (Tableau 4).

La poudre de Moringa Oleifera est riche en protéines avec une digestibilité de 56% et malgré sa teneur en fer assez importante, la biodisponibilité en fer est faible (2.2%) (Tableau 5)

2. Composition des plats

Les résultats des analyses sont indiqués dans les tableaux suivants (6,7) :

La teneur en fer et la quantité de fer biodisponible de la bouillie de fonio enrichie sont 2 fois plus élevées que celles de la bouillie non enrichie. La biodisponibilité du fer ne diffère pas entre les bouillies enrichies et non enrichies. Les teneurs en protéines des bouillies enrichies sont 2 fois plus élevées que celles de bouillies non enrichies. Les bouillies de fonio sont 5 fois plus riches en protéines que celles de mil (Tableau 6) Les teneurs en fer de la sauce sont 4 fois et 2 fois plus élevées que celles du riz et du Mbeulekhé. La biodisponibilité du Mbeulekhé est plus élevée même si la plus grande quantité de fer biodisponible est trouvée dans la sauce (Tableau 7)

Les teneurs en fer ne varient pas dans le mélange du couscous avec la sauce Mbuum. Cependant on note une amélioration de la teneur en fer, de le biodigestibilité du fer et des quantités de fer biodisponible avec ce mélange (Tableau 8)

Ces feuilles sont caractérisées par des teneurs élevées en calcium et faibles en fer. Les feuilles de Moringa Oleifera sont plus riches en protéines que les autres feuilles (Tableau 9).

Discussion

Le taux d’humidité des feuilles est comparable à celui trouvé par d’autres auteurs (1), il est de 74.70%. Les teneurs en protéines des produits de Moringa Oleifera trouvées dans l’étude sont le plus souvent supérieures à celles de plusieurs légumes et feuilles consommées en Afrique (14) et fait de Moringa Oleifera une véritable source de protéines végétales. Le fer oligoélément important est présent cependant la teneur en fer est faible mais n’est pas différente de celle d’autres légumes consommés en Afrique. Les quantités de fer trouvées dans les feuilles fraîches sont inférieures à celles trouvées par Toury et al.(1) ce qui est peut être dû à une différence de méthodologie de dosage. Les quantités de calcium trouvées dans notre étude sont inférieures à celles d écrites par Toury et al., ceci peut être dû à une différence de sol de culture de la plante. La poudre est plus concentrée en nutriments que les autres produits de Moringa Oleifera. Cependant le séchage entraîne souvent une perte importante d’éléments nutritifs comme les vitamines (A, C) et de plus de mauvaises conditions de séchage peuvent provoquer une contamination du produit.

Les bouillies (qui sont très diluées) ont de faibles teneurs en protéines qui augmentent avec l’addition de la poudre. Le Mbeulekhé et le Thiéré Mbuum ont des teneurs protéiques plus élevées que celles des bouillies du fait de l’existence de sources de protéines animales (poisson) dans ces plats.

La biodisponibilité du fer a été déterminée in vitro et la méthode utilisée peut permettre la comparaison la biodisponibilité de divers repas composés. C’est une amélioration des premières méthodes in vitro basées sur l’extraction du fer ionisable et cette amélioration se traduit par un ajustement graduel, progressif et reproductible du pH et une double digestion pepsique et pancréatique dans des conditions de pH correspondantes à celles de l’organisme où seul le fer soluble est pris en compte. La biodisponibilité du fer des plats étudiés est faible (souvent inférieur à 1%) malgré certaines teneurs relativement importantes de fer (bouillies de mil, couscous, poudre).

Ceci peut s’expliquer par l’existence du fer dit de contamination qui n’est pas biodisponible et qui est fréquent dans les repas des pays en développement(15),la contamination est liée aux conditions de préparation des aliments et peut aussi provenir de la poussière et du sol. Elle peut aussi résulter de longue préparation du couscous traditionnel mais aussi des ustensiles de cuisine (16).La faible biodisponibilité du fer peut aussi être due à l’action d’inhibiteurs de l’absorption du fer (polyphénols). La meilleure digestibilité du fer trouvée avec le Mbeulekhé et le Thiéré Mbuum peut être expliquée par la présence de protéines animales activatrices de l’absorption du fer .

Cook et al ont monté que le poisson est un activateur de l’absorption du fer (17). Les quantités de fer susceptibles d’être absorbées sont faibles mais augmentent avec l’apport de produits de Moringa. L’addition d’une grande quantité de Moringa pourrait augmenter cette valeur mais changerait aussi les caractères organoleptiques des plats (couleur, goût) ce qui peut influer sur l’acceptabilité.

Conclusion

L’analyse de la composition chimique des différentes parties consommables de Moringa Oleifera fait apparaître des particularités d’un grand intérêt sur le plan nutritionnel. Cette plante est une importante ressource alimentaire pour les populations, notamment rurales. Les gousses quant à elles sont riches en lipides. Les teneurs en minéraux de Moringa Oleifera sont importantes, surtout en calcium et en fer et sa richesse en potassium, en sodium et en magnésium augmente ses qualités nutritionnelles.

La transformation des feuilles en poudre reste une bonne pratique pour une meilleure conservation du produit mais aussi pour une bonne concentration des nutriments. La biodisponibilité du fer dans la poudre et dans les plats enrichis ou non avec la poudre es très faible. Les quantités de fer susceptibles d’être absorbées des repas sont la aussi faibles et ne peuvent pas couvrir les besoins des populations même si elles augmente avec l’apport de Moringa Oleifera. Nous avons noté un bon apport protéique et une bonne digestibilité des protéines avec l’adjonction de Moringa Oleifera. L’enrichissement des bouillies par de faibles quantités de poudre de Moringa Oleifera n’a pas d’influence notable sur la biodisponibilité du fer

En somme, L’apport de Moringa Oleifera dans les repas se manifeste par une augmentation des teneurs en fer et en protéique. Pour faire de Moringa Oleifera un moyen d’enrichissement d’aliment dans la lutte contre la malnutrition et l’anémie par carence en fer, il faut nécessairement améliorer la biodisponibilité de son fer (par un apport d’activateurs de l’absorption du fer tels que l’acide ascorbique, les produits animaux par exemple). Il faut aussi améliorer la qualité nutritionnelle des céréales utilisées (par torréfaction, cuisson, extrusion, fermentation notamment). Une revalorisation des produits de Moringa Oleifera passera nécessairement par une bonne sensibilisation des populations sur l’intérêt de la plante et l’exploitation des potentiels nutritionnels des gousses et des fleurs qui sont là peu consommés. Il faut aussi former les populations en vue d’une bonne transformation et une meilleure conservation des produits de Moringa Oleifera.

La comparaison de l’état nutritionnel entre deux cohortes d’enfants ne différant que par la consommation de Moringa Oleifera est nécessaire pour confirmer les qualités nutritionnelles de cette plante. Il est aussi important de déterminer la composition en acides aminés des protéines du nebeday et les teneurs en caroténoïdes.


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Description du Moringa Oleifera

RAIFORT ARBORESCENT
MORINGACEAE

Le Moringa est un petit arbre originaire d’Asie tropicale, naturalisé et cultivé dans de nombreux pays tropicaux.

C’est un arbre assez résistant à la sécheresse, facile à cultiver, très commun aux Indes, dans tout le sud-est de l’Asie, aux Philippines, en Afrique. Il est également présent en Amérique du sud.

Son feuillage peu fourni mais élégant, est décoratif ; nombreuses fleurs blanches ; le fruit est une gousse persistant assez longtemps en forme de baguette de tambour (drumstick tree).

Les fleurs, les jeunes gousses, les rameaux et les feuilles sont comestibles après cuisson. La saveur de la racine est piquante et rappelle le raifort ou le gros radis, les graines donnent l’huile de Ben, mais c’est aussi une plante d’usage courant en médecine traditionnelle aux Indes.

MORINGA OLEIFERA

MORINGA OLEIFERA

Composition chimique et propriétés

Toutes les parties végétatives contiennent un hétéroside à saveur piquante qui s’hydrolyse à 100 °C en présence d’eau.

Le feuillage a une teneur très intéressante en protéines (assimilables à 90%) : 8 à 9% du poids humide, environ 25% du poids sec, en vitamine A (presque 2000 microgrammes pour 100g), en vitamine C (180 mg pour 100 g) et en vitamine B1 (220 microgrammes pour 100g).
Les feuilles contiennent aussi beaucoup de calcium, de fer et de potassium.

Rappelons que d’autres feuillages sont également fort intéressants pour leur contenu en protéines, vitamines et minéraux et leur facilité de culture, par exemple : les amarantes Amaranthus spsp, le chou canaque Hibiscus manihot, le manioc Manihot esculenta.

Une étude faite en Thaïlande en 2007 montre que le moringa contient des substances antioxydantes qui font de plus baisser le taux de lipides sanguins, au total on observe une action anti-athéromateuse. En effet, l’administration pendant 12 semaines d’un extrait de moringa chez des lapins artificiellement nourris pour être hypercholestérolémiques provoque une baisse du taux de cholestérol sanguin qui s’accompagne d’une diminution d’environ 50 à 86% de la formation des plaques d’athérome. Un effet semblable à celui des statines synthétiques.

Une étude japonaise de 2007 montre que la consommation de feuilles de Moringa améliore le diabète de rats naturellement diabétiques.
Les composés actifs semblent être des polyphénols très ubiquitaires et communs chez les végétaux : dérivés du quercétol, du kaemférol, la rutine et certains acides phénols (acide chlorogénique).

L’huile essentielle de feuilles et l’extrait hydro-alcoolique (éthanol 70%) de graines sont actifs sur des dermatophytes communs.
Une étude chinoise de 2005 confirme le pouvoir antifongique de certains extraits de Moringa sur certains champignons parasites de la peau : Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Epidermophyton xoccosum et Microsporum canis. Par contre, l’extrait hydro-alcoolique de feuille n’est quasiment pas antifongique.

L’extrait méthanolique des feuilles produit chez la souris une légère hypothermie qui potentialise les effets des barbituriques. C’est un dépresseur du système nerveux central (SNC) qui, chez l’animal, provoque une certaine incoordination motrice, avec perte du tonus musculaire (myorelaxant), réduction de l’activité et de la curiosité (recherche de nourriture, test du labyrinthe). Pour certains auteurs cet effet dépressif du SNC associé à l’hypothermie rappelle celui de la réserpine ou de la chlorpromazine.

Les graines renferment 15 à 35 % d’une huile comestible jaune claire, inodore et de saveur douce qui a la particularité de ne pas trop rancir et d’être très fluide.

Il semblerait que certaines populations Africaines utilisent traditionnellement la graine de moringa écrasée pour purifier l’eau de boisson. Les tourteaux résultant de l’extraction de l’huile sont également utilisables pour clarifier et purifier l’eau. On sait maintenant que ce sont les protéines de la graine de moringa qui servent à clarifier par coagulation les eaux turbides et qu’une fraction très particulière, le polypeptide “FLO” possède en plus une action antibactérienne très puissante.
Cet extrait de moringa est aussi efficace et moins cher que les sels d’aluminium utilisés pour clarifier et purifier l’eau.
Le peptide antimicrobien “FLO” est l’objet d’études : amélioration du pouvoir antimicrobien, production par génie génétique.

Utilisations

Les feuilles fraîches ou sèches sont un excellent complément alimentaire particulièrement recommandé chez l’enfant pour sa haute teneur en protéines assimilables. Des formules de bouillies infantiles ( céréales locales, huile de palme, graines d’arachide, sel iodé et fluoré) ont été mises au point en Afrique contenant 10 à 20 % de poudre de feuilles de Moringa.
En Asie les feuilles et les jeunes gousses sont un aliment traditionnel très apprécié (cuisson courte comme des épinards ou des haricots verts).
La consommation régulière de feuilles de Moringa oleifera est à recommandée en cas de diabète léger de type 2, d’hypercholestérolémie et d’athérome.

En médecine traditionnelle presque toutes les parties de l’arbre sont utilisées. Les feuilles légèrement chauffées sont un traitement des fièvres “grippales”. Plus longuement cuites, elles sont nutritives, comme nous l’avons vu, et “rafraîchissantes”, légèrement antalgiques (douleurs musculaires, rhumatismales).
L’extrait aqueux est considéré comme antifertilisant.

Le jus des feuilles fraîches, les feuilles froissées ou la racine écrasée sont révulsifs et servent : comme sinapismes dans les affections broncho-pulmonaires, comme antinévralgiques, écorce et feuilles broyées appliquées sur la tête (migraine, névralgie faciale) ou sur la région douloureuse, pour supprimer ou réduire la sécrétion lactée (montée de lait) en friction sur les seins.
On pourrait envisager d’inclure l’extrait méthanolique de feuilles dans des phytomédicaments visant à traiter les cas d’anxiété avec agitation, et peut-être aussi pour calmer certaines douleurs migraineuses.

L’huile de ben (huile de graine), consommée aux Indes, a longtemps servi en horlogerie pour lubrifier ressorts et rouages et en parfumerie pour fixer les parfums par macération ou enfleurage.

Clarification et purification de l’eau
Exemple 1 : Pulvériser 50 grammes de graines de Moringa oleifera pour un litre d’eau douce à traiter. Laisser en contact 30 minutes en agitant de temps en temps et filtrer.
Exemple 2 : préparer d’abord une suspension de 2 cuillerées à café de poudre de graines sèches de moringa dans 1/4 de litre d’eau claire ou bouillie, bien homogénéiser, filtrer. Ajouter le filtrat à 20 litres d’eau à traiter en remuant l’eau pendant une dizaine de minutes, puis laisser reposer.

Signalons qu’un autre moringa, Moringa stenopetala, originaire d’Ethiopie, possède des propriétés voisines : nutritionnelles, diététiques, pharmacologiques et qu’on peut aussi l’utiliser pour purifier l’eau de boisson.


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La nutrition animale bénéficie beaucoup de l’adjonction de produits de Moringa bio. Les animaux sont des entités organiques, comme les humains.

Les mêmes principes s’appliquent à eux, surtout celui de la qualité de ce qui entre par devant, et de ce qui ressort par derrière. Lorsque des animaux sont élevés pour la boucherie, il y a un effet de multiplication : les animaux deviennent ce qu’ils mangent, et nous, en les mangeant,devenons ce que nous mangeons puisque nous sommes au bout de la chaîne alimentaire. Est-ce que les animaux domestiques et les animaux d’élevage pourraient manger tous deux des aliments sains ? Bien sûr que oui, et l’arbre Moringa devrait jouer un rôle important dans un changement majeur de mentalité, devenu nécessaire.

Le Moringa, autres utilisations

Toutes les parties de la plante peuvent être utilisées de diverses manières.

* Le jus des feuilles peut être utilisé comme fertilisant. Avec Moringa comme engrais, les plantes se développent mieux !* Le tourteau qui reste après extraction de l’huile des graines peut également être épan du comme engrais, et mélangé à la terre.

* Au Soudan, les graines en poudre sont supposées être meilleures et plus efficaces que des lamelles d’ocra pour traiter le miel d’abeilles ; on peut les utiliser sans les faire cuire et pour clarifier également le jus extrait de la canne à sucre. Les feuilles écrasées nettoieront les casseroles et les poêles dans la cuisine. Les Hausa et les Yoruba, au Nigeria, les utilisent même pour nettoyer les parois de leurs habitations.

* Le Moringa est utilisé dans l’apiculture.

* L’huile s’utilise pour la cuisson, pour fabriquer du savon, des cosmétiques, et pour les lampes.

* Traditionnellement, on l’utilise pour l’entretien de la maison, au Soudan et en Indonésie.

* On peut également le faire pousser en haies, ou comme coupe-vent

* Il produit du bois comme combustible

* En Jamaïque, la sève s’utilise pour une coloration bleue.

* La pulpe de Moringa peut être transformée pour en faire du papier et de la corde.

* Le Moringa peut être ajouté à des produits de beauté pour la peau.

* On peut en faire du Biodiesel* C’est un nettoyant pour la maison. Les feuilles écrasées s’utilisent pour nettoyer les ustensiles de cuisson et même les parois.

* Un pesticide naturel : en enterrant les feuilles de Moringa dans la terre avant de planter, de smaladies des semences, dues à l’humidité, peuvent être évitées.


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L’huile de Moringa bio a été utilisée pour des onguents et des préparations, depuis l’époque des Egyptiens. L’huile d’une couleur jaune doré a un goût plaisant et sa qualité est comparable à celle de l’huile d’olive.

L’huile de Ben (huile de Moringa) a été utilisée depuis des millénaires en tant que base pour les parfums et elle continue à jouer ce rôle encore aujourd’hui. L’huile peut également servir comme huile de salade, elle entre dans l’utilisation de savons. Elle peut aussi être utilisée comme combustible et pour huiler les machines.

Huile de Moringa bio (huile de Ben)

Huile de Moringa bio (huile de Ben)

Quelles sont ses propriétés ?

L’huile de Moringa a un puissant antioxydant qui garantit une durée de vie remarquable et une grandes stabilité. Elle a des propriétés nutritives, en émulsion, qui la font apprécier dans les produits pour les soins de la peau et des cheveux. Elle trouve également une place comme huile végétale, pour fabriquer du savon, des cataplasmes pour la peau, des produits cosmétiques et comme huile pour les lampes. L’huile de Ben est un concentré d’énergie nutritive. De petites quantités, ajoutées au régime alimentaire de jeunes enfants, peuvent leur apporter un apport important de nutriments dans leur alimentation et la rendre plus variée.


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Le Moringa bio : usages médicinaux

La plupart des parties de l’arbre Moringa ont une utilisation médicale.Partout dans le monde, le Moringa bio a été utilisé avec succès pour soulager diverses maladies.Certains usages médicaux sont décrits ici, mais nous ne pouvons pas garantir qu’ils vont fonctionner dans tous les cas.

Feuilles de Moringa bio

• Les feuilles frottées contre les tempes peuvent soulager les maux de tête

• Un broyat de feuilles, appliqué sur une coupure peu profonde, arrête l’écoulement du sang

• Elles ont un effet antibactérien et anti-inflammatoire lorsqu’on les applique sur une plaie ou sur des piqûres d’insectes• On peut utiliser des extraits de feuilles contre des infections de la peaudues à des bactéries ou à des champignons.

• Le thé aux feuilles soulage les ulcères gastriques et les diarrhées.

• Manger les feuilles de Moringa bio est excellent pour ceux qui souffrent de malnutrition, car elles contiennent des grandes quantités de protéines assimilables et de fibres.

• Les feuilles soulagent les fièvres, la bronchite, les infections des yeux et les otites, les inflammations des muqueuses.

• La teneur en fer des feuilles est élevée et elles sont prescrites pour soigner l’anémie, aux Philippines.

• Les feuilles de Moringa séchées traitent la diarrhée, au Malawi, Afrique.

• La poudre des graines est également utilisée pour traiter le scorbut de la peau (infections bactériennes communes de la peau).

Fleurs de Moringa bio

• Le jus des fleurs améliore la qualité et stimule la production de lait chez les mères allaitantleur enfant

• Le jus des fleurs est utile pour les problèmes urinaires car il a un effet stimulant la miction.

• A Haiti, les villageois font cuire les fleurs de Moringa bio dans de l’eau et boivent ce thécomme puissant remède contre le refroidissement

Les gousses

• Consommées crues, les gousses agissent contre les parasites (vermifuges) et traitent les problèmes du foie, de la rate et les douleurs des articulations.

• Grâce à leur teneur élevée en protéines et en fibres, elles peuvent jouer un rôle important dans le traitement de la malnutrition et celui de la diarrhée.

Graines de Moringa bio

• Utilisées pour leurs propriétés antibiotiques et anti-inflammatoires pour traiter l’arthrite, les rhumatismes, la goutte, les crampes, les maladies sexuellement transmissibles et les furoncles.Les graines sont rôties, pilées, mélangées à de l’huile de noix de coco et appliquées à la régionaffectée. L’huile des graines peut être utilisée pour les mêmes problèmes de santé.

• Les graines rôties et l’huile peuvent stimuler la production d’urine.

• Elles peuvent aussi être utilisées comme relaxant, en cas d’épilepsie.Les graines de Moringa bio sont antibactériennes, efficaces contre Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. Elles contiennent un puissant antibiotique et fongicide naturel terygospermine.

Fleurs de Moringa bio

Fleurs de Moringa bio

Racines, écorce et gomme de Moringa

Les racines et l’écorce possèdent toutes les propriétés déjà décrites, mais en plus concentré. C’est pourquoi il faut être prudent lorsqu’on les utilise médicalement.

• Les racines et l’écorce sont utilisées pour des problèmes circulatoires et cardiaques, comme tonifiant et contre les inflammations. L’écorce est digestive et ouvre l’appétit.

• Au Sénégal et en Inde, les racines sont pilées et mélangées avec du sel pour en faire une pâte contre les rhumatismes et les douleurs articulaires. Au Sénégal, cette poudre est aussi utilisée pour soulager les douleurs du dos et des reins.

• Branches fourragères

• L’alcaloïde spiraquine (une substance paralysant les nerfs) a été découvert dans les racines de Moringa.

• La gomme est diurétique, astringente, abortive et elle est également utilisée contre l’asthme.

Huile de Moringa

• L’Huile de Ben est utilisée contre l’hystérie, le scorbut, les problèmes de la prostate et de la vessie.

• Les villageois à Oman utilisent l’huile de Moringa contre les problèmes d’estomac.

• Ils utilisent également l’huile dans les parfums ou bien comme huile capillaire.

Médecine ayurvédique

Elle utilise les diverses parties de l’arbre et le considère comme l’une des plantes les plus utiles. La médecine ayurvédique de l’Inde connaît divers usages des produits du Moringa,notamment comme antibiotique naturel, pour faciliter les naissances les enfants, pour traiter les affections du foie et bien d’autres encore.

Médecine Siddha

Dans la médecine Siddha, on affirme que les feuilles ont de multiples propriétés médicinales. Les graines des gousses sont utilisées pour stimuler la virilité, pour traiter lesdysfonctionnements érectiles chez l’homme, et pour prolonger l’activité sexuelle chez la femme.

 


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Purification de l’eau grâce au Moringa

Les graines de Moringa écrasées (poudre) peuvent clarifier et en partie désinfecter l’eau pour l’usage domestique et faire baisser le nombre de bactéries pathogènes suffisamment pour la rendre potable et sûre.

La poudre de graines est très performante pour clarifier l’eau polluée et sale des rivières, par exemple. De plus, elle est antibactérienne, antifongique et antivirale. Des études ont montré que cette méthode simple de filtration diminue non seulement la pollution de l’eau mais aussi les bactéries pathogènes. La poudre agit sur les substances en suspension dans l’eau, qui précipitent au fond de l’eau. Ce traitement réduit également de 90-99% la contamination parles bactéries dans l’eau.L’usage des graines de Moringa pour purifier l’eau permet aux personnes qui l’utilisent de ne pas dépendre de méthodes occidentales chères. L’utilisation du Moringa remplace les produits chimiques, tels que le sulfate d’aluminium, dangereux pour les êtres humains et l’environnement, et qui coûtent cher.

L’eau de différentes provenances nécessitera différentes quantités de graines de Moringa parce que les impuretés ne sont pas les mêmes. Des expériences dans un bocal aideront à trouver la quantité nécessaire pour le traitement de l’eau.


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Les feuilles du Moringa bio sont hautement nutritionnelles, et une source de beta-carotène, vitamine C, protéines assimilables, fer et potassium.

Les feuilles sont cuites et utilisées comme les épinards. Lorsqu’elles sont abondantes, les feuilles sont séchées, et réduites en poudre. Cette poudre peut facilement être stockée et représente un excellent complément alimentaire qui peut aisément être rajouté dans l’alimentation des enfants et des adultes.

Poudre de feuilles de Moringa

Acides aminés contenus dans les feuilles de Moringa
Toutes les valeurs exprimées par portion de 100 grammes ingérées :
Arginine………………………406.6 mg ……………….1,325 mg
Histidine………………………149.8 mg …………………613 mg
Lysine ……………………….342.4 mg ……………….1,325 mg
Tryptophane………………..117.7 mg ……………….1,188 mg
Phenylanaline ……………..310.3 mg ………………..1,388 mg
Méthionine ………………….117.7 mg ………………….350 mg
Thréonine …………………..117.7 mg ……………… .1,188 mg
Leucine ……………………….92.2 mg ……………. …1,950 mg
Isoleucine……………………299.6 mg ………………… 825 mg
Valine ………………………..374.5 mg ……………….1,063 mg

Poudre de feuilles de Moringa bio

Poudre de feuilles de Moringa bio

Les gousses de Moringa bio

Les gousses vertes sont probablement la partie la plus prisée et la plus largement utilisée de l’arbre. En Inde, on les consomme généralement préparées comme les haricots et elles ont un goût qui rappelle celui de l’asperge.

Les Fleurs de Moringa bio

Les fleurs peuvent être cuites et mélangées aux autres plats ou frites, enrobées dans une pâte à frire. On peut également en préparer une tisane, en les plaçant dans de l’eau bouillante durant cinq minutes. Les fleurs sont une excellente source de nectar pour les abeilles qui en font du miel.

Racines de Moringa bio

On peut fabriquer avec les racines de Moringa une sauce au goût ressemble de raifort, lorsque les pousses sont encore jeunes et qu’elles n’ont que 60 cm de haut. L’écorce doit être enlevée complètement car elle contient des substances nocives. Ensuite, la racine est pilée, et on y rajoute du vinaigre et du sel. Cependant, il ne faut pas en manger en trop grandes quantités.La sauce se conserve durant quelque temps dans le réfrigérateur.

Graines de Moringa bio

Les graines sont parfois extraites des gousses mûres et mangées comme des petits-pois, ou rôties, comme des noix.

La gomme de Moringa bio

La gomme que l’on trouve dans l’écorce peut être utilisée pour assaisonner la nourriture.


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Recettes au Moringa bio

1. Sauce aux feuilles de Moringa bio en poudre
2. Pecadillo au Moringa bio
3. Gulay aux feuilles de Moringa bio
4. Curry aux gousses de Moringa bio et aux oignons
5. Moringa au riz et noix de coco
6. Galettes au Moringa bio (=cutlets)

1. Recette pour la sauce aux feuilles de Moringa bio en poudre

Ingrédients : 200 grammes (1/4 tasse) de beurre de cacahuètes
1 litre d’eau500 grammes de viande
25 grammes (3 cuillères à soupe) de feuilles de Moringa bio en poudre
1 oignon de taille moyenne, haché
2 gousses d’ailSel, poivre et poivre rose

Préparation : Chauffez l’eau avec la viande jusqu’à ébullition, faites bouillir durant 10 minutes, puis ajoutezle beurre de cacahuètes. Faites bouillir encore 15 minutes vigoureusement, sans couvercle.Ajoutez ensuite la poudre de Moringa bioet cuisez à nouveau durant 15 minutes. Ajoutez l’ail,l’oignon et les autres épices. Couvrez la casserole et faites cuire 15 min. à petit feu. Servezavec du riz, du millet ou du couscous

2. Peccadillo* au Moringa bio

Ingrédients : 2 cuillères à soupe de graisse ou d’huile, 4 cuillérées d’eau1 cuill. à café d’ail émincé, 2 cuill. à café de sel1 cuill. à soupe d’oignon émincé, une pointe de poivre1/2 tasse de tomates émincées, 1 tasse de viande hachée, cuite.3 tasses de feuilles de Moringa bio, lavées et triées

Préparation : Faites sauter l’ail, l’oignon et les tomates dans une grosse poêle à frire.Rajoutez la viande hachée, couvrez et faites mijoter 5 minutes à petit feu.Ajoutez l’eau et chauffez jusqu’à ébullition. Assaisonnez avec du sel et du poivre. Ajoutez les feuilles de Moringa bio, cuisez 5 minutes supplémentaires. Plat pour 6 personnes.

3. Gulay aux feuilles de Moringa bio*

Ingrédients : 1 tasse de lait de noix de coco, diluée avec 1 tasse d’eau1 tasse de poisson séché (cuit, émietté et frit dans 1 cuillère à soupe de graisse ou d’huile)2 gousses d’ail émincé1 oignon de taille moyenne coupé en rondelles, 1/8 cuill. à café de sel6 tasses de feuilles de Moringa, lavées et triées, 4 gousses de chili, écrasées

Préparation : Faites cuire le lait de coco avec le poisson émietté, l’ail et l’oignon durant 10 minutes.Ajoutez le sel, en remuant continuellement le mélange. Ajoutez les feuilles de Moringa bio et lepiment écrasé puis continuez la cuisson encore 5 minutes. Servez très chaud. Plat pour 6 personnes.

4. Curry aux gousses de Moringa bio aux oignons

Ingrédients
» 2-3 oignons finement hachés
» 1 cuill à café d’extrait de tamarin ou bien
» 1 tomate hachée» 1 brin de feuilles de curry
» sel à volonté

Assaisonnement
» 1/2 cuill à café de grains de moutarde
» 2 gousses de piment rouge coupées en petits morceaux / poudre de piment
» 2 cuill à soupe d’huile

Préparation
Coupez les gousses de Moringa bio en pièces de 2 à 3 cm de long. Faites chauffer l’huile dans une poêle et ajoutez l’assaisonnement. Lorsque les grains de moutarde cessent de grésiller,ajoutez les légumes découpés (sauf la tomate) et faites-les sauter à la poêle. Ajoutez le sel et la poudre de curcuma. Couvrez la poêle et laissez mijoter à petit feu. Remuez de temps en temps jusqu’à la fin de la cuisson.
Ajoutez la poudre de piment rouge et l’extrait de tamarin (la tomate hachée. Cuisez encore quelque temps. Servez avec du riz

5. Moringa bio au riz et noix de coco (Mulaga kaada Pindi koora)

Ingrédients : 4 ou 5 gousses 1/2 tasse de riz trempé dans de l’eau durant 4 h1/2 noix de coco4 piments rouges Sel à volonté

Assaisonnement
1/2 cuill. à café de haricots mungo
1/2 cuill. à café de grains de moutarde
1 piment rouge en petits morceaux
1-2 brins de feuilles de curry
1/2 cuill. à café d’huile.

Préparation
Lavez puis trempez le riz dans juste assez d’eau. Râpez la noix de coco et faites-en une pâte en y rajoutant le piment rouge et le riz trempé. Ajoutez le sel, le curcuma et diluez en rajoutant 2-4 tasses d’eau. Coupez les gousses dans des morceaux de 5-6 cm de longueur environ et faites-les cuire avec un peu de sel. Mettez de côté à la fin de la cuisson. Faites chauffer l’huile dans une casserole et ajouter les haricots mungo, la moutarde et le piment.Cuisez à petit feu en remuant tout le temps pour éviter la formation de grumeaux. Lorsque le plat est prêt (vérifiez la cuisson du riz), ajoutez les gousses et mélangez doucement pour ne pas endommager les gousses.Note: Assurez-vous que votre plat est bien cuit en y goûtant de temps en temps. Rajoutez davantage d’eau si nécessaire jusqu’à la fin de la cuisson.

6. Galettes aux gousses de Moringa bio

Ingrédients
»10-12 gousses fraîches, non pelées, coupées en morceaux entiers de 6 cm» 1 tasse de haricots mungo noirs (aussi connus sous haricots moong) rôtis, entiers» 5 morceaux de pain en grosses miettes» 1/2 tasse de fines miettes de pain pour la panure» 3-4 lamelles d’ail émincé» 1 morceau de gingembre d’environ 2,5 cm, râpé» 3-4 piments verts finement émincés» 1 gros oignon, grossièrement haché, saupoudré d’un peu de sel» 1 cuill. à soupe de feuilles de coriandre finement hachées

» 1/2 cuill. à café de condiment garam masala
» Sel à volonté
» Huile pour friture

Préparation : (temps de préparation 30 minutes)Cuisez les gousses dans beaucoup d’eau puis égouttez-les.Retirez-en la chair de l’intérieur, avec un couteau non aiguisé ou avec une cuillère.Laissez refroidir, puis mixez jusqu’à obtenir une pâte bien lisse.Faites revenir les haricots mungo légèrement jusqu’à ce qu’il prenne une teinte dorée.Mettez-le dans un mixer jusqu’à obtenir une poudre fine, mettez de côté.Enlevez l’excédent d’eau de l’oignon salé.Faites chauffer une cuill. d’huile Ajoutez l’ail, le gingembre, les piments verts, l’oignon et faites-les frire ; laissez ensuite refroidir un peu.Ajouter la pulpe des gousses, du sel, le garam masala, les feuilles de coriandre.Ajoutez ensuite le mungo mixé, et le pain émietté.Confectionnez des boulettes allongées, comme des « doigts », avec le mélange, roulez-les dans la panure.Refroidissez 10 minutes, puis roulez-les à nouveau dans la panure. Faites frire dans l’huile de friture très chaude jusqu’à ce qu’ils soient croustillants et dorés.Servez rapidement avec de la sauce, du chutney de tamarin ou du chutney vert.La recette est pour 15 galettes.Durée de conservation, non frit et réfrigéré : 1 jour.

Utilisations

Les feuilles fraîches ou sèches sont un excellent complément alimentaire particulièrement recommandé chez l’enfant pour sa haute teneur en protéines assimilables. Des formules de bouillies infantiles (céréales locales, huile de palme, graines d’arachide, sel iodé et fluoré) ont été mises au point en Afrique contenant 10 à 20 % de poudre de feuilles de Moringa bio.

En Asie les feuilles et les jeunes gousses sont un aliment traditionnel très apprécié (cuisson courte comme des épinards ou des haricots verts).La consommation régulière de feuilles de Moringa bio oleifera est à recommandée en cas de diabète léger de type 2, d’hyper cholestérolémie et d’athérome.En médecine traditionnelle presque toutes les parties de l’arbre sont utilisées.
Les feuilles légèrement chauffées sont un traitement des fièvres “grippales”. Plus longuement cuites, ellessont nutritives, comme nous l’avons vu, et “rafraîchissantes”, légèrement antalgiques(douleurs musculaires, rhumatismales).L’extrait aqueux est considéré comme antifertilisant.

Le jus des feuilles fraîches, les feuilles froissées ou la racine écrasée sont révulsifs et servent :
comme sinapismes dans les affections broncho-pulmonaires,

• comme antinévralgiques, écorce et feuilles broyées appliquées sur la tête (migraine,névralgie faciale) ou sur la région douloureuse,

pour supprimer ou réduire la sécrétion lactée (montée de lait) en friction sur les seins. On pourrait envisager d’inclure l’extrait méthanolique de feuilles dans des phytomédicaments visant à traiter les cas d’anxiété avec agitation, et peut-être aussi pour calmer certaines douleurs migraineuses.L’huile de ben (huile de graine), consommée aux Indes, a longtemps servi en horlogerie pour lubrifier ressorts et rouages et en parfumerie pour fixer les parfums par macération ou enfleurage.


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Tout savoir sur le Moringa Oleifera bio

I. Contexte

II. Les multiples avantages du Moringa Oleifera

III. L’information, condition sine qua non de l’assimilation

IV. Produits de transformation et problématiques liées

1. L’alimentation humaine

2. Une huile alimentaire très riche et une huile cosmétique très rentable

3. Le Moringa, une pharmacopée naturelle

4. Un engrais naturel performant : l’extrait de feuilles de Moringa

5. Un purificateur d’eau naturel

6. Le fourrage animal

I. Contexte

La plaine du Cayor, située au cœur de la zone sénégalaise extrêmement menacée de désertification, a subi récemment 6 années consécutives avec moins de 100mm de précipitations et a vu ses pluies diminuer de moitié en 50 ans.

Les causes en sont principalement le changement climatique, l’appauvrissement des sols par la monoculture intensive de l’arachide et l’érosion éolienne. (cartes 1, 2 et 3)

Les conséquences, dramatiques, sont l’exode rural et l’appauvrissement du niveau de vie des agriculteurs qui entraîne souvent une précarité des conditions sanitaires et sociales.

Ainsi, même en développant des activités parallèles en basse saison pour combler le manque à gagner de la baisse des cours céréaliers, du manque d’eau et de l’appauvrissement des sols, les cultivateurs ne parviennent pas à améliorer leur niveau de vie et a fortiori les salaires de la main d’œuvre agricole.

D’où la nécessité pour eux de perpétuer la collecte sauvage du bois combustible afin d’économiser le gaz ou le charbon de bois. Ceci a pour conséquence évidente à long terme d’accélérer la déforestation donc la désertification.

II. Les multiples avantages du Moringa Oleifera

Le Moringa Oleifera répond mieux que toute autre espèce à ces problèmes, grâce à ses multiples qualités :

– C’est un arbre à croissance très rapide qui demande très peu d’eau. Semé en début d’hivernage il ne nécessite aucun arrosage. Il peut être récolté dès la première année de culture. Son rendement est exceptionnel. Sa technique de culture est simple et traditionnelle ;

– Cette culture est directement bénéfique pour les populations qui peuvent profiter de ses vertus nutritives et médicinales :
Lors d’études de terrain en Casamance (1997, ONG Church World Services et association AGADA) le Moringa administré sous forme de poudre a permis de soigner de nombreux enfants malnutris ainsi que les mères allaitantes. (« L‘arbre de vie », pp.119-138)Au Sénégal, on le connaît traditionnellement pour soigner les problèmes de diabète et les troubles digestifs et respiratoires. On lui connaît par ailleurs des dizaines de vertus curatives à travers les médecines traditionnelles d’Afrique et d’Asie.(« L‘arbre de vie », pp.141-146)

– Ses usages sont multiples, donc un fort potentiel de commercialisation pour différentes applications. On peut consommer ses feuilles, ses fleurs, ses fruits son écorce et ses racines. Ses multiples propriétés ont été confirmées par des années de recherches et d’expérimentation dans différents pays africains, asiatiques et panaméricains. L’huile de Moringa surtout offre une plue-value remarquable grâce à son prix élevé sur les marchés européen et américain . L’organisation des cultivateurs sous forme de coopérative peut être un catalyseur du développement économique, responsabiliser et solidariser les agriculteurs.

– Les propriétés floculentes et antibactériennes de la poudre de graines de Moringa peuvent en outre résoudre le problème de la salubrité de l’eau de consommation, ainsi que des problèmes d’assainissement des eaux usées.

– Les graines sont facilement collectés dans les jardins particuliers où l’on trouve souvent le Moringa, vulgairement appelé Sap-sap ou Nébédaye, dont on utilise les feuilles pour la sauce traditionnelle appelée Mboum. Il a donc le double avantage d’être connu et de produire des semences à moindre coût ;

– Très nutritifs, les feuilles, tiges et tourteaux de Moringa sont un complément protéinique très avantageux pour l’alimentation animale.

– Les cultures associées profitent du terrain cloturé, de l’ombrage et du brise-vent du Moringa ainsi que de ses apports au sol et participent à recréer l’humus et la bio-diversité.

III. L’information, condition sine qua non de l’assimilation.

La vidéo comme média de sensibilisation populaire.

Le projet PALETTE se propose réaliser et de diffuser à grande échelle un document vidéo « Moringa ! L’Arbre de vie», rassemblant de nombreux témoignages de personnes ayant utilisé le Moringa Oleifera en tant qu’aliment ou médecine traditionnelle : personnel hospitalier, particuliers sensibilisés ainsi que des acteurs d’ONG et des cultivateurs expliquant les méthodes de culture du Moringa ou l’utilisant comme fertilisant ou fongicide naturel.

Les témoignages sénégalais seront en langue wolof, pour une meilleure compréhension par les populations, les intervenants d’ONG s’exprimant toutefois en langue française. Cette diffusion pourra se faire par les radios locales et nationales lors d’émissions consacrées au Moringa, (émission sur Envi FM) et à la télévision avec la participation souhaitée de la RTS.

Toutefois, la priorité est donnée à des projections dans les écoles PALETTE» afin de sensibiliser les élèves, qui sont les acteurs de l’avenir, aux problèmes écologiques et aux solutions apportées par le Moringa Oleifera et les techniques appropriées. Après cette instruction, ils pourront ainsi planter des arbres de Moringa autour de leur école, les entretenir et les voir pousser semaine après semaine, ce qui est très rare avec des arbres.

Nous ferons des projections publique dans les localités qui les abritent afin de toucher directement les populations concernées. Nous pourrons réaliser même des projections dans des villages non électrifiés avec un convertisseur DC/AC 12V/220 V branché sur la batterie du véhicule.

Ces projections permettront d’amorcer un dialogue riche avec les élèves, les familles et les cultivateurs intéressés par le projet. Nous envisageons d’organiser des ateliers afin d’expliquer les méthodes de pépinières, de boutures et même de préparations culinaires à base de Moringa : feuilles, fleurs, gousses, graines…

Ce travail sera possible avec l’acquisition d’un matériel audiovisuel léger : 10 ordinateurs pour le centre de documentation, un ordinateur portable P4 pour les projections du documentaire, un vidéoprojecteur et écran pliable. Le travail de filmage et de montage sera réalisé bénévolement.

Cette mission de sensibilisation se déroulera en janvier-juin 2007 pourvu que nous ayons à cette date les moyens logistiques requis. En effet, nous souhaitons informer les populations avant la période d’hivernage afin que les intéressés puissent démarrer la culture du Moringa avec les premières pluies.

IV – Produits de transformation et problématiques liées

Les produits de transformation du Moringa sont multiples :

1. L’alimentation humaine :

Le Moringa Oleifera est une plante qui a un potentiel nutritionnel exceptionnel :

Equivalents poids pour poids des feuilles de Moringa fraîches :

– 7 fois plus de vitamine C que les oranges!

– 4 fois plus de vitamine A que les carottes !

– Autant de protéines que les oeufs !

– 4 fois plus de calcium que le lait!

– 3 fois plus de potassium que les bananes!

– Et 3 fois plus de fer que les épinards, des vitamines B, du Magnésium, du cuivre, des fibres, du phosphore tous les acides aminés ! …

La poudre de feuilles de Moringa a permis de soigner de nombreux enfants malnutris. (« L’arbre de vie »,p.119 Combattre la malnutrition avec le Moringa ). Consommé régulièrement, elle est un gage de bonne santé.

La feuille de Moringa est connue traditionnellement au Sénégal pour l’élaboration de la sauce « Mboum ». Toutefois, cet usage reste anecdotique et sa préparation inadaptée a la conservation des éléments nutritifs (sur-cuisson, rejet de l’eau de cuisson). Il faut donc informer les ménagères des techniques de séchage et de préparation des feuilles.

Cette poudre de feuilles est aujourd’hui bien connue des milieux hospitaliers casamançais suite à la mission de CWS-AGADA.

Les feuilles seront donc destinées au marché local où une demande existe, mais également à l’exportation sous forme de poudre ou d’infusions, d’autant que la demande de produits naturels énergétiques est en forte croissance en Europe.

Les gousses de Moringa, inconnues au Sénégal comme aliment, sont très prisées en Inde où l’on en fait même des conserves. Cette information pourra intéresser les Sénégalais désirant améliorer la variété des légumes dans leur plats.

Nous nous engageons pour la sensibilisation des populations aux avantages de la consommation « raisonnée » de Moringa. C’est l’objectif du projet « Moringa !» qui consiste en la projection itinérante d’un document vidéo de sensibilisation en milieu rural. Il sera diffusé en janvier-avril 2007 sur un axe Sud-Nord au Sénégal.

2. Une huile alimentaire très riche et une huile cosmétique très rentable

Le Moringa oleifera produit une huile de qualité supérieure comparable sur le plan alimentaire à l’huile d’olive. Elle convient très bien pour les salades et la friture.

En outre elle possède des propriétés reconnues dans l’industrie cosmétique et la parfumerie. Son cours sur le marché se situe entre 3000 et 6000 FCFA le kg.

Ce serait ainsi la principale source de revenus pour l’association. On peut donc produire de la même façon de l’huile alimentaire et de l’huile de soins cosmétiques.

De plus, avec cette huile on peut fabriquer localement des savons de qualité supérieure de manière artisanale d’où création d’activité supplémentaire. Ces savons peuvent être destinés au marché local ou à l’exportation

Nous travaillons à mettre au point une presse à huile de Moringa assez performante, ainsi que l’étude de marché pour trouver les clients et distributeurs et répondre à leur cahier des charges.

Le label « commerce équitable » peut être mis en avant pour l’exportation, car telle est l’éthique du projet : du producteur au consommateur. Le label « agriculture biologique » pourra être également accordé, car les cultivateurs n’utiliseront aucun pesticide ni intrants chimiques.

3. Le Moringa, une pharmacopée naturelle

Le Moringa est connu à travers la médecine traditionnelle de nombreux pays africains, sud-américains et asiatiques. Les feuilles, fleurs, racines et écorce peuvent soigner des dizaines de pathologies. Nombre de ces propriétés ont été corroborées par des études de laboratoire (« L’Arbre de la vie »: L.Fuglie , Le Moringa dans la médecine traditionnelle).

Les villageois, sensibilisés à ces savoirs traditionnels, pourront bénéficier directement de ces vertus par une cueillette raisonnée. En outre ils pourront commercialiser ces médicaments naturels sous forme d’infusions comme cela se pratique déjà en Asie. (LeFon, producteur-exportateur à Taiwan)

Ici encore, il est essentiel de procéder à une sensibilisation des populations aux différentes vertus de la plante et surtout de faire reconnaître les nombreuses propriétés thérapeutiques du Moringa Oleifera par la médecine scientifique afin de vulgariser son utilisation.

4. Un engrais naturel performant : l’extrait de feuilles de Moringa

Les études menées au Nicaragua démontrent que l’extrait de feuilles de Moringa contient une phytohormone de croissance très efficace lorsqu’elle est pulvérisée sur les feuilles des légumineuses. Les différents tests ont montré une augmentation moyenne du rendement des plants de 20 à 35%, et jusqu’à 50% dans le cas du poivron ! (« L’arbre de vie »,tableau pp 55-56)

L’utilisation et la commercialisation de cet extrait biologique pourraient également être très rentables pour la communauté.

La problématique sera l’acquisition du matériel nécessaire à l’opération d’extraction à l’éthanol et de vulgariser l’utilisation du produit par les agriculteurs et maraîchers. Une alternative simple et peu coûteuse consiste à produire un purin de feuilles décomposées dans l’eau, que l’on pulvérise dilué à 50%.

5. Un purificateur d’eau naturel

Certaines communautés du Soudan utilisent les graines du Moringa depuis des générations pour purifier l’eau du Nil.

Les études de laboratoire ont démontré que les graines possèdent un pouvoir floculent et antibactérien grâce à une protéine electrolyte et d’autres agents actifs. La poudre de graine de Moringa peut purifier des eaux insalubres à hauteur de 99% des matières en suspension, bactéries et parasites à raison de 1 à 2 graines par litre d’eau. Elle est un floculent aussi efficace que le sulfate d’aluminium (alum) largement utilisé dans toute l’Afrique pour la potabilisation et l’assainissement, or ce produit est cher, importé et non biodégradable (pollution des boues résiduelles).

Un floculent naturel à base de graines de Moringa (Phytofloc ®) est déjà commercialisé par une société suisse basée en Tanzanie, qui produit également de l’huile et des savons. Ce floculent est extrait du tourteau (résidu de presse) mais le tourteau brut est tout aussi performant.

Ce tourteau pourrait être utilisé artisanalement pour purifier l’eau de consommation mais également dans des stations de purification comme celles du Lac de Guiers qui alimentent Dakar en eau potable et qui utilisent le sulfate d’alumine, ou dans de futures stations écologiques d’assainissement des eaux usées qui pourraient résoudre le grave problème de la pollution des fleuves et de l`océan : 90% des eaux usées de Dakar sont rejetées sans traitement dans l’océan.

6. Le fourrage animal :

Des études menées au Nicaragua (N.Foidl) montrent que les feuilles de Moringa sont un apport nutritionnel très important pour les bovins. La teneur nette en protéine est de 95% , la teneur en protéine potentiellement digestible est de 47%, contre 45% pour la paille de riz et seulement 0 à 35% pour les autres céréales (11% pour la paille de blé). Les feuilles de Moringa sont donc une bonne source de supplément protéinique pour les ruminants ainsi que pour les animaux monogastres. En outre, elles ont l’avantage de ne contenir qu’une très faible teneur en tannins et en phénols qui peuvent être nuisibles pour le bétail mais que l’on trouve néanmoins dans de nombreux sous produits agro-industriels.

L’expérience d’engraissement des bovins menée au Nicaragua démontre un gain de poids de 30% supérieur chez les animaux se nourrissant de Moringa par rapport à l’herbe de pâturage. ( Source : Tableau 15 p 65, Foidl, Harrinder, Makkar & Becker , Potentiels du Moringa Oleifera, in L.J.Fuglie « L’arbre de vie » pp56-69)

Cette utilisation du Moringa Oleifera a l’avantage d’être immédiatement réalisable et rentable pour le cultivateur-éleveur mais présente l’inconvénient d’être incompatible avec la culture pour les graines, l’effeuillage étant nuisible à la production de gousses.

La culture pour feuilles implique un système de production de type intensif avec une irrigation, sur le modèle développé à la ferme de Ndimb dans la région de Keur-Momar-Sarr (Nord Sénégal) par l’ONG Church World Service. Cette technique implique une disponibilité de l’eau, un investissement de départ important pour le système d’irrigation (goutte à goutte) ainsi que l’utilisation régulière d’intrants.

Toutefois cette technique de culture est envisageable dans le cadre du projet en utilisant la fumure organique (compost) et un arrosage raisonné.

Néanmoins, les analyses montrent que les tourteaux résiduels de l’extraction d’huile de Moringa, même après leur utilisation pour purifier l’eau, sont également très nutritifs : 70% de protéines brutes et nettes ainsi qu’une forte concentration d’acides aminés essentiels et l’absence d’anti-nutriments comme les tannins, saponine et alcaloïdes. On peut donc envisager une double valorisation des tourteaux après pressage de l’huile : purification de l’eau puis aliment pour bétail.


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Le Moringa Oleifera, souvent appelée simplement moringa, est une espèce de petit arbre pouvant mesurer jusqu’à 10 m de la famille des Moringaceae.

Elle est originaire du nord de l’Inde et est maintenant acclimatée dans presque toutes les régions tropicales, elle résiste bien à la sécheresse et a une croissance rapide.
Le « Moringa » vient du malayalam muringa (മുരിങ്ങ). La plupart des langues utilisent un dérivé phonétique de ce mot pour désigner la plante.
Ci-dessous, il est entendu que le mot Moringa se rapporte à l’espèce Moringa oleifera, sauf précision contraire.

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Un arbre à usages multiples

La tradition indienne de l’ayurveda indiquait que les feuilles du Moringa guérissaient plus de 300 maladies.
En Inde, le Moringa est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa oleifera sont consommées comme légumes et celles de Moringa stenopetala constituent le repas de base du peuple Konso en Éthiopie. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bœuf ou les lentilles et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées (cécité, etc.).
Les graines de Moringa contiennent un polyélectrolyte cationique qui a montré son efficacité dans le traitement des eaux (élimination de la turbidité), en remplacement du sulfate d’alumine ou d’autres floculants. L’avantage de l’utilisation de ces graines est double :
la substitution de floculants importés par un produit local facilement accessible permet une économie importante de devises pour les pays du Sud, ce floculant, contrairement au sulfate d’alumine, est totalement biodégradable.
On peut également extraire de ses graines une huile alimentaire intéressante, notamment en Afrique où beaucoup de pays manquent d’huiles alimentaires, et une matière première intéressante pour l’industrie cosmétique (savon, parfum). Une utilisation mixte du moringa, pour la production d’huile et d’agent floculant, est possible car le tourteau issu de l’extraction d’huile conserve ses capacités floculantes.
Ses racines servent à produire un condiment alimentaire.
D’autres applications potentielles du moringa, comme son utilisation dans l’alimentation animale, comme hormone de croissance végétale, comme engrais vert, en phytopharmacie ou comme pâte à papier font l’objet de nombreuses recherches.

Culture

Le Moringa peut se trouver dans des zones très arides comme le Sahara, mais il aime également les climats semi-tropicaux humides. Sa racine tubéreuse lui permet de se passer d’eau pendant plusieurs mois. Son nom sénégalais “Nébédaye” et son nom français de “Néverdier” viendraient de l’anglais “Never die” : lorsqu’on le coupe ou que des jeunes pousses sont brûlées par le soleil, il repousse aussitôt avec les premières pluies. Il peut se planter par semis, en repiquage ou en plein champ, ou par boutures. On peut le cultiver de façon extensive pour une production de graines (semences ou production d’huile) ou de façon intensive irriguée pour une production optimale de feuilles (très nutritives) avec une récolte toutes les 6 semaines ! C’est un arbre à croissance très rapide : jusqu’à 1 mètre par mois !
Facile à planter, l'”Ananambo”, très répandu dans cinq des six provinces de Madagascar (Fianarantsoa, Tuléar, Majunga, Diego-Suarez et Tamatave), se plante par bouture. Son reboisement en masse contribue à la préservation de l’environnement et cet arbre se révèle un pare-feu efficace.

Production

Plusieurs organismes ont isolé la protéine active du floculant de Moringa pour faciliter son utilisation dans les usines de traitement des eaux mais aussi pour l’aquaculture d’algues, les usines de pâte à papier, les caves viticoles ou le secteur minier. La production et l’utilisation du Moringa dans des conditions économiques réelles est en train d’être mises au point.

Classification

Règne : Plantae
Sous-règne : Tracheobionta
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Sous-classe : Dilleniidae
Ordre : Capparales
Famille : Moringaceae
Genre : Moringa
Nom : binominal
Moringa oleifera
Lam., 1785

Classification phylogénétique

Ordre : Brassicales
Famille : Moringaceae


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