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Toutes les parties du moringa bio sont bénéfiques

Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, les fleurs de cet arbre recèlent des vertus médicinales insoupçonnées
Le mois d’août est réputé au Sahel comme le plus pluvieux. En effet, durant ce mois, les précipitations sont les plus fréquentes et les plus régulières. Ce moment est propice pour la croissance des cultures. Ces atouts sont exploités par les autorités au cours de cette période pour multiplier les activités de plantation d’arbres ou de reboisement. Cette année 2011 ne déroge pas à la règle. Le reboisement est en cours, un peu partout, dans le pays. Beaucoup d’espèces fruitières (jujubier, tamarinier) ou d’espèces industrielles telles le gommier, le karité sont plantés au cours des cérémonies de reboisement. Mais, il a été constaté que de nombreuses personnes désireuses d’embellir leurs vergers ou leurs habitations ignorent tous les avantages qu’elles peuvent tirer du Moringa Oleifera, « Bassi Yirini » en bambara, qui cache des vertus insoupçonnées. “Ma mère récoltait les feuilles de cet arbre pour préparer la sauce de couscous. La consommation régulière de ses feuilles avait une grande part dans la bonne santé qu’affichait les membres de la famille”, nous a raconté avec le sourire, Mme Goro Aminata Goro, technicienne en protection des cultures. Cette femme savante est en service à l’Unité des ressources génétiques (URG) de l’Institut d’économie rurale (IER), installée à côté de la nouvelle Cité administrative en direction de Djicoroni. Le vieux Boubacar Diarra, qui tutoie la centaine d’années nous a révélé avec beaucoup d’éloges les vertus de cet arbre. Il préconise la consommation des feuilles, des graines, des fleurs, de l’écorce, des racines du « Bassi Yirini ». ” Tout en cet arbre, à l’instar du papayer ou du karité, est utile pour la santé de l’homme “, assure le centenaire. Une bibliographie très abondante corrobore les témoignages élogieux qui concernent le Moringa Oleifera le nom scientifique du “Bassi Yirini”, en langue bamanakan. Originaire d’Inde, le Moringa bio, appelé aussi « L’arbre qui ne meurt jamais », peut croître aussi bien sur un sol riche que sur un sol pauvre. Cet arbre phénoménal est peu affecté par les conditions climatiques difficiles, ni par la sécheresse. Il croît rapidement lorsqu’il émerge après la semence des graines. Il peut également se régénérer par lui-même, après une coupe très sévère.

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

Une mine de vitamines

Le Moringa bio est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa Oleifera sont consommées comme des légumes, notamment dans la préparation de la sauce de couscous dans plusieurs régions du Mali. En effet, des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa Oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bœuf, et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa bio Oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées comme la cécité. La valeur nutritive des feuilles de Moringa est d’une richesse rarement observée. En effet, les feuilles contiennent une très grande concentration de vitamines A et C, un complexe de vitamines B, du fer, du calcium, des protéines, du zinc, du sélénium et, phénomène assez rare pour une plante, elle possède les 10 acides aminés essentiels à l’être humain. La grande teneur en fer, protéines, cuivre et diverses vitamines et acides aminés essentiels des feuilles de Moringa bio en font un complément nutritionnel idéal. Ne faut-il pas insérer les feuilles de Moringa bio dans les programmes de lutte contre la malnutrition ? Cette option mettra l’accent sur les ressources locales disponibles. Aussi la durée du projet ne sera plus menacée par une rupture d’approvisionnement de produits importés. Les graines du Moringa Oleifera, une fois transformées en poudre, deviennent un floculant naturel, qui clarifie les eaux troubles, dissipant de ce fait 90 à 99% des bactéries. Il a été démontré que ce mélange de graines constitue un coagulant de premier ordre pour le traitement de l’eau des rivières possédant un niveau élevé de matériels solides en suspension. Mme Goro Aminata Goro nous assure avoir fait l’expérience de cette propriété plusieurs fois. Le mélange peut être préparé à partir des graines, mais aussi des résidus pressés (tourteaux) obtenus lors de l’extraction de l’huile des graines. Les puits des ménages peuvent être débarrassés des bactéries grâce à la même méthode et à moindre frais. La société Energie du Mali SA (EDM-SA) pourrait à l’avenir se procurer à moindre frais ces résidus en remplacement de l’eau de javel qu’elle utilise pour rendre l’eau du robinet potable. Les tourteaux de Moringa Oleifera ont l’avantage d’être un produit naturel et biodégradable, sans conséquence pour la santé, à l’opposé de l’eau de javel qui est un produit chimique. Le coût de l’opération avec les tourteaux serait ramenée à des proportions minimes et engendrerait une économie substantielle pour la société sur ce chapitre.

Très recherchées pour la pharmacopée traditionnelle

Les graines de Moringa contiennent 40% d’huile et le profil de l’acide gras de l’huile démontre qu’elles contiennent 73% d’acide oléique. L’huile de Moringa bio se rapproche d’une huile de qualité supérieure –telle que l’huile d’olive. L’huile de Moringa bio peut être utilisée comme huile végétale comestible et huile de cuisson (elle rancie très lentement), comme huile industrielle ou comme huile de qualité dans l’industrie cosmétique et de parfums ou encore comme huile d’éclairage dans les lampes à huile. Elle produit une lumière claire presque sans fumée. Enfin, l’huile peut servir de base pour les peintures fines. Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, mais aussi les fleurs possèdent chacun des vertus médicinales particulières. Le Moringa est considéré comme un traitement contre l’anémie, la perte d’appétit. Il augmente la lactation des femmes, il combat les douleurs gastriques, l’ulcère d’estomac, la diarrhée, la dysenterie, la colite et il peut être utilisé comme laxatif, purgatif et diurétique – les rhumes, bronchites, fièvre et maux de tête – les rhumatismes, les crampes musculaires, les bleus et ecchymoses – les infections cutanées, la gale, les mycoses, les piqûres d’insectes. Le Moringa bio peut être également utilisé dans certains cas de diabète pour stabiliser le taux de sucre et peut stabiliser la tension artérielle. Toutefois, il n’est pas recommandé d’utiliser les racines ou l’écorce des racines pour les femmes enceintes. La technicienne en protection des cultures, Mme Goro Aminata Goro, assure que des plants sont disponibles pour tous ceux désirent lancer une culture à grande échelle du « Bassi Yirini » pour tirer des revenus substantiels des sous-produits tirés de la transformation (feuilles, fruits, fleurs, graines, racines et écorce). La technicienne estime que le Moringa Oléifera est plus bénéfique qu’un verger d’agrumes ou de mangues. Il est difficile de contredire cette information au regard des multiples avantages que l’on peut tirer de cette plante.


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