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Le moringa pourrait à la fois nourrir les Africains et débarrasser RhÎne et étangs des PCB, métaux et pesticides. Utopique ou génial, au choix.

On se mĂ©fie, d’abord. Comment un arbre pourrait-il guĂ©rir tous les maux de la terre, et accessoirement ceux de la Camargue ? C’est pourtant la promesse d’un consultant, Georges Senot, sĂ»r d’éradiquer PCB, pesticides, mĂ©taux lourds, mĂ©dicaments… Et assurer qui plus est une dĂ©moustication efficace ! Son idĂ©e : dĂ©polluer RhĂŽne et Ă©tangs grĂące aux graines, utilisĂ©es en tourteaux, d’un arbre d’origine indienne, le moringa oleifera, trĂšs prĂ©sent aussi en Afrique depuis le XIXe siĂšcle. Georges Senot s’est cassĂ© les dents Ă  taper Ă  la porte des institutions, dont l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) qu’il soupçonne d’avoir mis le moringa “sur une liste noire”. Selon lui, si on ne recourt pas aux vertus de l’arbre, c’est qu’”il est trĂšs dangereux pour le systĂšme industriel”. Il viendrait perturber les plans des rĂ©seaux pharmaceutiques et pĂ©troliers ou des grands groupes de traitement des eaux. Et pourtant, “cet arbre est tellement merveilleux qu’on a peine Ă  croire tout ce qu’il peut faire”. Les feuilles pourraient soigner des maladies, au grand dam des laboratoires. Son pouvoir nutritionnel est dĂ©jĂ  reconnu. L’huile extraite pourrait servir de carburant “et on pourrait laisser le pĂ©trole sous terre”. Sans compter, donc, son potentiel dĂ©polluant… En Camargue comme en Bretagne : “Vous mettez du moringa et il n’y a plus d’algues vertes ni de nitrates.”

Le moringa oleifera ou " arbre de vie"

Le moringa oleifera ou ” arbre de vie”

Fidel Castro ne jure que par le moringa et veut en couvrir les terres de Cuba

Un arbre miracle, potion magique, Ă  en croire Georges Senot… “Je suis prĂȘt Ă  prendre de l’eau du Gange, Ă  mettre du moringa dedans et Ă  boire l’eau, c’est mieux que l’Evian !”, s’enthousiasme-t-il. Il cherche Ă  convaincre des collectivitĂ©s, partout oĂč le moringa pourrait ĂȘtre efficace, de la pertinence de son utilisation. Rien de plus simple, selon lui : les graines de moringa – comme des gros haricots – peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme floculant des impuretĂ©s de l’eau. “Ça fait aimant et tout tombe au fond. On drague ensuite et on fait brĂ»ler tout ça dans les cimenteries.” EmployĂ© comme insecticide, le moringa serait en outre une alternative Ă  l’agent utilisĂ© pour la dĂ©moustication de la Camargue, le BTI, “qui n’a rien d’écologique contrairement Ă  ce qu’on dit”. Au moins un politique s’est emparĂ© du sujet : Fidel Castro ne jure que par le moringa et veut en couvrir les terres de Cuba. L’Inde “est avancĂ©e lĂ -dessus, mais dans le secret”. Le moringa a l’avantage de nourrir les populations locales. Un MontpelliĂ©rain en atteste. Jacques Plan est directeur de Cofor international, une branche de l’association des communes forestiĂšres. “C’est un complĂ©ment alimentaire assez miraculeux”, soutient-il. Les feuilles sont utilisĂ©es vertes en lĂ©gumes, ou sont sĂ©chĂ©es et transformĂ©es en poudre. Certains orphelinats en ont fait, en Afrique, leur produit phare : la renutrition classique coĂ»te cher, et le moringa apporte les protĂ©ines et les Ă©lĂ©ments minĂ©raux nĂ©cessaires.

Georges Senot est sĂ»r que le moringa pourrait ĂȘtre un remĂšde Ă  la famine

VoilĂ  qui en ferait un exemple de coopĂ©ration Nord-Sud. Un arbre tropical impossible Ă  transplanter sous nos latitudes mais qui pourrait Ă  la fois nourrir les populations du Sud et rĂ©sorber les excĂšs industriels du Nord. “Ça filtre les bactĂ©ries, assure Jacques Plan. Vous garantir que ça purifierait les eaux du RhĂŽne, honnĂȘtement, je ne peux pas. Mais je peux vous certifier que les enfants malades, avec le moringa, recouvrent la santĂ©. Des trucs miracle, on en a vendus beaucoup aux Africains, comme la culture du jatrofa (une plante, NDLR) pour en faire du carburant. Mais le jatrofa est toxique. Les gens s’empoisonnent. Le moringa, ils connaissent. On ne pourrait pas nous accuser de faire une production d’exportation, puisqu’on n’exporterait que les tourteaux. C’est du gagnant-gagnant.” Georges Senot, quant Ă  lui, est sĂ»r que le moringa pourrait ĂȘtre un remĂšde Ă  la famine : il ne pousse que dans les zones tropicales, et c’est lĂ  oĂč se cristallise la faim dans le monde. “Il faut donner du moringa Ă  ces populations. C’est un sujet explosif et je suis prĂȘt Ă  mettre le feu.”

Des expĂ©riences voisines sont dĂ©jĂ  menĂ©es : Ă  Saint-Just (HĂ©rault), la Lyonnaise des eaux piĂšge sur une zone humide les rĂ©sidus mĂ©dicamenteux et cosmĂ©tiques au dĂ©bouchĂ© d’une station d’épuration. A Saint-Laurent-le-Minier (Gard), ce sont les sols qu’on dĂ©pollue avec des plantes locales qui stockent les mĂ©taux lourds sur le site de l’ancien bassin minier.

De Montpellier au BĂ©nin

Jacques Plan est ingĂ©nieur forestier tropical. Il avait Ă©tĂ© dĂ©tachĂ© du ministĂšre de l’Agriculture pour s’occuper de ce secteur au sein de Cofor, l’association des communes forestiĂšres françaises. Une branche spĂ©cifique a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2009. Jacques Plan Ă©tant MontpelliĂ©rain, le siĂšge a donc Ă©tĂ© implantĂ© dans la capitale rĂ©gionale. Cofor international mĂšne en ce moment un programme au BĂ©nin, pour crĂ©er des forĂȘts communales. « On en est dĂ©jĂ  Ă  350 000 hectares et l’objectif est de 600 000 », insiste Jacques Plan. La culture itinĂ©rante dĂ©truit les forĂȘts. Une production comme le moringa pourrait permettre de trouver un dĂ©bouchĂ© Ă©conomique.
Jacques Plan est aussi partie prenante d’une autre association montpelliĂ©raine, Silva. Elle rassemble « des gens qui ont passĂ© des dizaines d’annĂ©es en Afrique », Ă  l’instar de salariĂ©s du Cirad ou de Supagro. Parmi les projets, la sensibilisation des enfants aux forĂȘts souvent extrĂȘmement dĂ©gradĂ©es.


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Tout sur la culture du Moringa bio

Semis

Il est préférable pour des raisons de coût et également pour des raisons techniques (fragilité de la racine) de semer directement le Moringa bio dans les champs, plutÎt que de repiquer des plants produits en pépiniÚre.
Avant le semis, le sol doit ĂȘtre dĂ©frichĂ© et labourĂ©.
En gĂ©nĂ©ral on sĂšme deux graines par poquet, Ă  faible profondeur (2 cm maximum). Si les deux graines germent, lorsque les plants atteignent une hauteur d’environ 30 cm, on arrache le plant le plus grĂȘle pour ne garder que le plus vigoureux.

Espacement

Pour une plantation en monoculture, les arbres sont espacés de 1 mÚtre sur 1 mÚtre (photo 1).
Pour une haie, les arbres sont espacĂ©s d’un mĂštre et placĂ©s en ligne.
Pour une production en association avec d’autres cultures (agroforesterie), les arbres sont placĂ©s en ligne, espacĂ©s d’un mĂštre, et les lignes de Moringa bio sont espacĂ©es de trois ou quatre mĂštres, pour que les cultures intercalaires se dĂ©veloppent bien.

Irrigation

Le Moringa bio peut germer et se dĂ©velopper sans irrigation s’il est semĂ© Ă  la saison des pluies.
Sa racine tubĂ©reuse, qui lui sert de rĂ©serve d’eau, se forme vingt jours aprĂšs le semis et permet aux jeunes plants de supporter la sĂ©cheresse.
Cependant, pour une production de feuilles satisfaisante, il est prĂ©fĂ©rable d’irriguer en pĂ©riode sĂšche.

Besoins en eau selon les zones climatiques :
– En zone soudanienne (sud du Togo, par exemple), la production de feuilles est possible toute l’annĂ©e sans irrigation (avec une baisse de production en pĂ©riode sĂšche).
– En zone de savane (nord Benin par exemple), les plantations peuvent ĂȘtre conduites sans irrigation mais les rĂ©coltes de feuilles seront interrompues en saison sĂšche.
– En zone sahĂ©lienne (Niger par exemple), les plantations doivent ĂȘtre irriguĂ©es toute l’annĂ©e (tous les jours en saison sĂšche, deux ou trois fois par semaine en saison humide). Il est cependant possible d’irriguer que lorsque l’on dispose d’eau, et de laisser les arbres au repos en saison sĂšche. Ils perdront leurs feuilles mais ne mourront pas.

Fertilisation

Le Moringa bio peut produire de grandes quantitĂ©s de feuilles, mais seulement s’il regret des apports organiques suffisants. Ses feuilles sont riches en protĂ©ines, il a donc besoin de trouver de l’azote dans le sol. Les minĂ©raux et oligo-Ă©lĂ©ments si importants dans ses feuilles doivent aussi mettre apportĂ©s par le sol.
PlutĂŽt que des engrais chimiques, le compost (dĂ©chets vĂ©gĂ©taux qu’on a laissĂ© pourrir en tas) et le fumier (crottes d’animaux mĂ©langĂ©es a dĂ©chets vĂ©gĂ©taux) peuvent apporter les nutriments nĂ©cessaires tout en amĂ©liorant le sol. C’est le mĂ©lange de dĂ©chets en dĂ©composition rapide (crottes, vĂ©gĂ©taux verts et tendre) et a dĂ©composition lente (paille, vĂ©gĂ©taux secs et fins branchages) qui assure la meilleure fertilisation.
La fertilisation se fait d’abord au moment du labour, avant le semi.
Ensuite, il est important d’apporter du fumier ou/et du compost au moins une fois par an, par exemple en dĂ©but de saison des pluies, lorsque les arbres vont reprendre une production importante. S’il y a deux saisons des pluies, deux apports sont conseillĂ©s.

Plantation, culture de moringa bio

Plantation, culture de moringa bio

Sarclage

Pour une bonne production, les parcelles de Moringa bio doivent ĂȘtre sarclĂ©es rĂ©guliĂšrement.

Taille

La taille est la pratique culturale la plus importante dans la production de feuilles de Moringa bio. En effet, le Moringa bio a tendance Ă  pousser en hauteur et Ă  produire des feuilles a l’extrĂ©mitĂ© de ses branches. Si on ne le taille pas, on aura donc des longues branches verticales portant quelques bouquets de feuilles inaccessibles Ă  leur sommet.
La taille a pour but de favoriser la formation de branches secondaires et de donner regret l’arbre une forme de buisson touffu.
Lorsque le plant en plein champ atteint environ 60 cm (au bout de trois mois en général), on coupe la tige principale a 10 cm de son sommet (dessin n°1). On peut facilement la couper a la main ou entre les ongles, car elle est cassante.
Une semaine plus tard, on voit apparaßtre des branches secondaires. Lorsque celles-ci atteignent à leur tour une longueur de 20 cm, on les coupe à 10 cm de leur extrémité.
Des branches tertiaires vont apparaĂźtre, et l’arbre se dĂ©veloppera en forme de buisson, avec les feuilles facilement accessibles pour la rĂ©colte.

Ensuite, c’est au moment des rĂ©coltes que les arbres seront raccourcis (voir rĂ©colte).
Si les arbres perdent leur forme buissonnante, par exemple en saison sĂšche lorsqu’ils ne sont pas rĂ©coltĂ©s, il est possible de les tailler a nouveau avant la saison des pluies, et mĂȘme de les couper au raz du sol si nĂ©cessaire (c’est ce qui est pratiquĂ© une ou deux fois par an au Niger). Le Moringa bio aime la taille, il ne faut pas hĂ©siter Ă  le raccourcir souvent.

Lutte contre les ravageurs

M. oleifera est peu sensible Ă  l’attaque de ravageurs. Toutefois on observe parfois des attaques de chenilles ou de sauterelles, surtout dans les rĂ©gions sĂšches ou le feuillage de Moringa bio attire fortement ces insectes. La meilleure solution dans ce cas semble ĂȘtre de couper les arbres Ă  raz pour ne laisser aucune partie verte. La repousse est ensuite trĂšs vigoureuse.
Les traitements chimiques sont à éviter dans la mesure du possible car les récoltes sont fréquentes (tous les 30 a 45 jours) il y a de fortes chances que des résidus de pesticides persistent dans les feuilles.
Certains agriculteurs traitent avec des insecticides Ă  base de Neem, de l’eau savonneuse Ă  3%, ou d’autres procĂ©dĂ©s biologiques.
Les parcelles de Moringa bio doivent ĂȘtre efficacement protĂ©gĂ©es du bĂ©tail. Au Niger, les agriculteurs utilisent les branches de Moringa bio pour confectionner des clĂŽtures.

RĂ©colte

On peut commencer à récolter les feuilles trois à quatre mois aprÚs le semis.
Si l’on souhaite produire des feuilles avec une teneur maximale en protĂ©ines et le moins possible de lignine (parties dures), les rĂ©coltes doivent se faire tous les 30 Ă  40 jours.
Cependant, en l’absence d’irrigation, les feuilles peuvent prendre davantage de temps Ă  repousser (une rĂ©colte tous les deux mois en saison sĂšche par exemple). Des rĂ©coltes plus rapprochĂ©es sont aussi possibles (tous les quinze jours au Niger).

Deux méthodes de récolte sont possibles :
1. Coupe de toutes les branches feuillĂ©es Ă  50 cm du sol (photo 1). Les feuilles sont ensuite arrachĂ©es des branches Ă  l’extĂ©rieur du champ (photo 2). Les branches vertes restantes peuvent ĂȘtre donnĂ©es aux animaux comme fourrage. Cette mĂ©thode est la meilleure pour deux raisons :
‱ Les arbres sont taillĂ©s Ă  chaque rĂ©colte et gardent un port buissonnant
‱ Les repousses de feuilles sont trùs vigoureuses et nombreuses
1. On coupe toutes les branches
2. On arrache les feuilles des branches Ă  la mĂȘme hauteur
3. Les feuilles prĂȘtes Ă  ĂȘtre sĂ©chĂ©es, vendues, ou effeuillĂ©es pour ĂȘtre cuisinĂ©es

2. L’autre mĂ©thode est l’arrachage direct des feuilles dans le champ, au niveau de leur insertion sur les branches. La rĂ©colte est plus rapide, mais la repousse est moins abondante et l’arbre ne fait pas de ramifications. Cette mĂ©thode doit impĂ©rativement ĂȘtre couplĂ©e Ă  une taille deux fois par an pour que les arbres restent buissonnants. Cette taille s’effectue au niveau du tronc, A vingt centimĂštres du sol.

Durée de vie de la plantation

Le Moringa bio ayant une racine de type tubercule, l’encombrement des racines dans le sol peut conduire Ă  une baisse de production si les arbres sont densĂ©ment plantĂ©s (monoculture).
Cependant, cette baisse n’a Ă©tĂ© constatĂ©e quand dans les plantations de production fruitiĂšre en Inde, et dans les systĂšmes de production de feuille trĂšs intensifs (Ă©cartement 10 cm entre chaque plant) au Nicaragua. Pour les systĂšmes de culture dĂ©crits dans ce document, nous ne disposons pas d’assez de recul pour connaĂźtre la durĂ©e vie optimale d’une plantation.

Production de graines

Il est prĂ©fĂ©rable d’ĂȘtre autonome dans l’approvisionnement en graines pour renouveler ou Ă©tendre les plantations. Les arbres exploitĂ©s pour la feuille ne peuvent pas produire des graines car ils sont taillĂ©s avant de former leurs fruits. Il est donc conseillĂ© d’avoir quelques plants semenciers. Pour une bonne production de graines, les arbres doivent ĂȘtre espacĂ©s de trois Ă  cinq mĂštres. Ils doivent recevoir la mĂȘme taille de formation que les autres (dĂ©crite plus haut), et ĂȘtre taillĂ©es une fois par an pour garder un port buissonnant. Les feuilles ne doivent pas ĂȘtre rĂ©coltĂ©es. Les graines sont prĂȘtes Ă  ĂȘtre rĂ©coltĂ©es lorsque les fruits sont bruns et secs.


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Toutes les parties du moringa bio sont bénéfiques

Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, les fleurs de cet arbre recĂšlent des vertus mĂ©dicinales insoupçonnĂ©es
Le mois d’aoĂ»t est rĂ©putĂ© au Sahel comme le plus pluvieux. En effet, durant ce mois, les prĂ©cipitations sont les plus frĂ©quentes et les plus rĂ©guliĂšres. Ce moment est propice pour la croissance des cultures. Ces atouts sont exploitĂ©s par les autoritĂ©s au cours de cette pĂ©riode pour multiplier les activitĂ©s de plantation d’arbres ou de reboisement. Cette annĂ©e 2011 ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle. Le reboisement est en cours, un peu partout, dans le pays. Beaucoup d’espĂšces fruitiĂšres (jujubier, tamarinier) ou d’espĂšces industrielles telles le gommier, le karitĂ© sont plantĂ©s au cours des cĂ©rĂ©monies de reboisement. Mais, il a Ă©tĂ© constatĂ© que de nombreuses personnes dĂ©sireuses d’embellir leurs vergers ou leurs habitations ignorent tous les avantages qu’elles peuvent tirer du Moringa Oleifera, « Bassi Yirini » en bambara, qui cache des vertus insoupçonnĂ©es. “Ma mĂšre rĂ©coltait les feuilles de cet arbre pour prĂ©parer la sauce de couscous. La consommation rĂ©guliĂšre de ses feuilles avait une grande part dans la bonne santĂ© qu’affichait les membres de la famille”, nous a racontĂ© avec le sourire, Mme Goro Aminata Goro, technicienne en protection des cultures. Cette femme savante est en service Ă  l’UnitĂ© des ressources gĂ©nĂ©tiques (URG) de l’Institut d’économie rurale (IER), installĂ©e Ă  cĂŽtĂ© de la nouvelle CitĂ© administrative en direction de Djicoroni. Le vieux Boubacar Diarra, qui tutoie la centaine d’annĂ©es nous a rĂ©vĂ©lĂ© avec beaucoup d’éloges les vertus de cet arbre. Il prĂ©conise la consommation des feuilles, des graines, des fleurs, de l’écorce, des racines du « Bassi Yirini ». ” Tout en cet arbre, Ă  l’instar du papayer ou du karitĂ©, est utile pour la santĂ© de l’homme “, assure le centenaire. Une bibliographie trĂšs abondante corrobore les tĂ©moignages Ă©logieux qui concernent le Moringa Oleifera le nom scientifique du “Bassi Yirini”, en langue bamanakan. Originaire d’Inde, le Moringa bio, appelĂ© aussi « L’arbre qui ne meurt jamais », peut croĂźtre aussi bien sur un sol riche que sur un sol pauvre. Cet arbre phĂ©nomĂ©nal est peu affectĂ© par les conditions climatiques difficiles, ni par la sĂ©cheresse. Il croĂźt rapidement lorsqu’il Ă©merge aprĂšs la semence des graines. Il peut Ă©galement se rĂ©gĂ©nĂ©rer par lui-mĂȘme, aprĂšs une coupe trĂšs sĂ©vĂšre.

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

Une mine de vitamines

Le Moringa bio est une plante vivriĂšre cultivĂ©e pour ses fruits, qui sont mangĂ©s cuits et exportĂ©s frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa Oleifera sont consommĂ©es comme des lĂ©gumes, notamment dans la prĂ©paration de la sauce de couscous dans plusieurs rĂ©gions du Mali. En effet, des analyses nutritionnelles ont montrĂ© que les feuilles de Moringa Oleifera sont plus riches en vitamines, minĂ©raux et protĂ©ines que la plupart des lĂ©gumes. Elles contiennent deux fois plus de protĂ©ines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bƓuf, et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa bio Oleifera contre la malnutrition et ses maladies associĂ©es comme la cĂ©citĂ©. La valeur nutritive des feuilles de Moringa est d’une richesse rarement observĂ©e. En effet, les feuilles contiennent une trĂšs grande concentration de vitamines A et C, un complexe de vitamines B, du fer, du calcium, des protĂ©ines, du zinc, du sĂ©lĂ©nium et, phĂ©nomĂšne assez rare pour une plante, elle possĂšde les 10 acides aminĂ©s essentiels Ă  l’ĂȘtre humain. La grande teneur en fer, protĂ©ines, cuivre et diverses vitamines et acides aminĂ©s essentiels des feuilles de Moringa bio en font un complĂ©ment nutritionnel idĂ©al. Ne faut-il pas insĂ©rer les feuilles de Moringa bio dans les programmes de lutte contre la malnutrition ? Cette option mettra l’accent sur les ressources locales disponibles. Aussi la durĂ©e du projet ne sera plus menacĂ©e par une rupture d’approvisionnement de produits importĂ©s. Les graines du Moringa Oleifera, une fois transformĂ©es en poudre, deviennent un floculant naturel, qui clarifie les eaux troubles, dissipant de ce fait 90 Ă  99% des bactĂ©ries. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que ce mĂ©lange de graines constitue un coagulant de premier ordre pour le traitement de l’eau des riviĂšres possĂ©dant un niveau Ă©levĂ© de matĂ©riels solides en suspension. Mme Goro Aminata Goro nous assure avoir fait l’expĂ©rience de cette propriĂ©tĂ© plusieurs fois. Le mĂ©lange peut ĂȘtre prĂ©parĂ© Ă  partir des graines, mais aussi des rĂ©sidus pressĂ©s (tourteaux) obtenus lors de l’extraction de l’huile des graines. Les puits des mĂ©nages peuvent ĂȘtre dĂ©barrassĂ©s des bactĂ©ries grĂące Ă  la mĂȘme mĂ©thode et Ă  moindre frais. La sociĂ©tĂ© Energie du Mali SA (EDM-SA) pourrait Ă  l’avenir se procurer Ă  moindre frais ces rĂ©sidus en remplacement de l’eau de javel qu’elle utilise pour rendre l’eau du robinet potable. Les tourteaux de Moringa Oleifera ont l’avantage d’ĂȘtre un produit naturel et biodĂ©gradable, sans consĂ©quence pour la santĂ©, Ă  l’opposĂ© de l’eau de javel qui est un produit chimique. Le coĂ»t de l’opĂ©ration avec les tourteaux serait ramenĂ©e Ă  des proportions minimes et engendrerait une Ă©conomie substantielle pour la sociĂ©tĂ© sur ce chapitre.

TrÚs recherchées pour la pharmacopée traditionnelle

Les graines de Moringa contiennent 40% d’huile et le profil de l’acide gras de l’huile dĂ©montre qu’elles contiennent 73% d’acide olĂ©ique. L’huile de Moringa bio se rapproche d’une huile de qualitĂ© supĂ©rieure –telle que l’huile d’olive. L’huile de Moringa bio peut ĂȘtre utilisĂ©e comme huile vĂ©gĂ©tale comestible et huile de cuisson (elle rancie trĂšs lentement), comme huile industrielle ou comme huile de qualitĂ© dans l’industrie cosmĂ©tique et de parfums ou encore comme huile d’éclairage dans les lampes Ă  huile. Elle produit une lumiĂšre claire presque sans fumĂ©e. Enfin, l’huile peut servir de base pour les peintures fines. Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, mais aussi les fleurs possĂšdent chacun des vertus mĂ©dicinales particuliĂšres. Le Moringa est considĂ©rĂ© comme un traitement contre l’anĂ©mie, la perte d’appĂ©tit. Il augmente la lactation des femmes, il combat les douleurs gastriques, l’ulcĂšre d’estomac, la diarrhĂ©e, la dysenterie, la colite et il peut ĂȘtre utilisĂ© comme laxatif, purgatif et diurĂ©tique – les rhumes, bronchites, fiĂšvre et maux de tĂȘte – les rhumatismes, les crampes musculaires, les bleus et ecchymoses – les infections cutanĂ©es, la gale, les mycoses, les piqĂ»res d’insectes. Le Moringa bio peut ĂȘtre Ă©galement utilisĂ© dans certains cas de diabĂšte pour stabiliser le taux de sucre et peut stabiliser la tension artĂ©rielle. Toutefois, il n’est pas recommandĂ© d’utiliser les racines ou l’écorce des racines pour les femmes enceintes. La technicienne en protection des cultures, Mme Goro Aminata Goro, assure que des plants sont disponibles pour tous ceux dĂ©sirent lancer une culture Ă  grande Ă©chelle du « Bassi Yirini » pour tirer des revenus substantiels des sous-produits tirĂ©s de la transformation (feuilles, fruits, fleurs, graines, racines et Ă©corce). La technicienne estime que le Moringa OlĂ©ifera est plus bĂ©nĂ©fique qu’un verger d’agrumes ou de mangues. Il est difficile de contredire cette information au regard des multiples avantages que l’on peut tirer de cette plante.


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L’arbre

Arbre tropical, “Arbre du Ciel” ou “Arbre Ă©ternel”, de la famille des MoringacĂ©es, le Moringa est originaire du nord-est de l’Inde, mais pousse Ă©galement en Afrique, Ă  Madagascar, en Asie et en AmĂ©rique du Sud.

Il peut se trouver dans des zones trĂšs arides comme le Sahara mais il aime Ă©galement les climats semi-tropicaux humides.

Sa racine trĂšs profonde lui permet de se passer d’eau pendant plusieurs mois. Son nom sĂ©nĂ©galais “NĂ©bĂ©daye” viendrait de l’anglais “Never die” : lorsqu’on le coupe ou que de jeunes pousses sont brĂ»lĂ©es par le soleil, il repousse aussitĂŽt avec les premiĂšres pluies.

Ses usages sont multiples : ses graines contiennent de l’huile comestible Ă©galement utilisĂ©e en usage externe pour adoucir la peau des bĂ©bĂ©s.

La poudre des graines a la propriĂ©tĂ© de purifier l’eau. Les feuilles sont utilisĂ©es pour lutter contre les maladies liĂ©es Ă  la sous-alimentation. Elles contiennent 2 fois plus de lipides que le lait, 3 fois plus de potassium que la banane, 4 fois plus de Vitamine A que la carotte et 7 fois plus de Vitamine C qu’une orange.

Extraction de l’huile de Moringa

Les graines de Moringa sont issues de gousses Ă  trois lobes.

Chaque gousse contient entre 12 et 35 graines noires, rondes Ă  coque marron et 3 ailes blanches.
Un arbre peut produire entre 15000 et 25000 graines par an.

L’huile est exprimĂ©e Ă  partir des graines de l’arbre.
La teneur en huile des graines dĂ©cortiquĂ©es, c’est-Ă -dire des amandes est de 42%.

L’huile de Moringa Africajou est jaune brillant.

Cette huile est connue internationalement sous le nom de “l’huile de Ben”.

Huile de Moringa bio

Huile de Moringa bio

Composition de l’huile de Moringa

Riche en acides gras insaturĂ©s avec 70-73 % d’acide olĂ©ique, mais aussi en vitamines (C, A, B), minĂ©raux (potassium, calcium..) et protĂ©ines.

Les graines de Moringa contiennent un polyĂ©lectrolyte cationique qui a montrĂ© son efficacitĂ© dans le traitement et la purification des eaux en remplacement du sulfate d’alumine.

Les tourteaux sont riches en principes anti-bactériens et en protéines.

PropriĂ©tĂ©s de l’huile de Moringa

L’huile de moringa est utilisĂ©e comme huile de cuisine. C’est une huile alimentaire intĂ©ressante. Les graines pilĂ©es sont utilisĂ©es pour purifier l’eau.

UtilisĂ© en mĂ©decine indigĂšne, il est surnommĂ© “l’arbre Ă  miracles”. Ce sont ses graines pressĂ©es qui donnent l’huile prĂ©cieuse de Moringa et qui offrent des propriĂ©tĂ© rĂ©paratrices exceptionnelles.

Usage alimentaire

Comestible, l’huile de Moringa est utilisĂ©e en assaisonnement et pour la friture car elle ne rancit pas.

GrĂące Ă  sa capacitĂ© Ă  absorber et Ă  retenir les substances volatiles, elle est Ă©galement intĂ©ressante dans l’industrie des parfums pour stabiliser les senteurs.

Usage cosmétique

L’huile de Moringa ou huile de ben apaise et adoucit la peau. Elle hydrate et revitalise les peaux chroniquement trĂšs sĂšches, parfois en proie Ă  des dĂ©mangeaisons ou Ă  une desquamation.
Elle est utilisée pour lutter contre les rides et le vieillissement.


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Le Moringa Oleifera, souvent appelĂ©e simplement moringa, est une espĂšce de petit arbre pouvant mesurer jusqu’Ă  10 m de la famille des Moringaceae.

Elle est originaire du nord de l’Inde et est maintenant acclimatĂ©e dans presque toutes les rĂ©gions tropicales, elle rĂ©siste bien Ă  la sĂ©cheresse et a une croissance rapide.
Le « Moringa » vient du malayalam muringa (àŽźà”àŽ°àŽżàŽ™à”àŽ™). La plupart des langues utilisent un dĂ©rivĂ© phonĂ©tique de ce mot pour dĂ©signer la plante.
Ci-dessous, il est entendu que le mot Moringa se rapporte Ă  l’espĂšce Moringa oleifera, sauf prĂ©cision contraire.

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Un arbre Ă  usages multiples

La tradition indienne de l’ayurveda indiquait que les feuilles du Moringa guĂ©rissaient plus de 300 maladies.
En Inde, le Moringa est une plante vivriĂšre cultivĂ©e pour ses fruits, qui sont mangĂ©s cuits et exportĂ©s frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa oleifera sont consommĂ©es comme lĂ©gumes et celles de Moringa stenopetala constituent le repas de base du peuple Konso en Éthiopie. Des analyses nutritionnelles ont montrĂ© que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines, minĂ©raux et protĂ©ines que la plupart des lĂ©gumes. Elles contiennent deux fois plus de protĂ©ines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bƓuf ou les lentilles et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa oleifera contre la malnutrition et ses maladies associĂ©es (cĂ©citĂ©, etc.).
Les graines de Moringa contiennent un polyĂ©lectrolyte cationique qui a montrĂ© son efficacitĂ© dans le traitement des eaux (Ă©limination de la turbiditĂ©), en remplacement du sulfate d’alumine ou d’autres floculants. L’avantage de l’utilisation de ces graines est double :
la substitution de floculants importĂ©s par un produit local facilement accessible permet une Ă©conomie importante de devises pour les pays du Sud, ce floculant, contrairement au sulfate d’alumine, est totalement biodĂ©gradable.
On peut Ă©galement extraire de ses graines une huile alimentaire intĂ©ressante, notamment en Afrique oĂč beaucoup de pays manquent d’huiles alimentaires, et une matiĂšre premiĂšre intĂ©ressante pour l’industrie cosmĂ©tique (savon, parfum). Une utilisation mixte du moringa, pour la production d’huile et d’agent floculant, est possible car le tourteau issu de l’extraction d’huile conserve ses capacitĂ©s floculantes.
Ses racines servent Ă  produire un condiment alimentaire.
D’autres applications potentielles du moringa, comme son utilisation dans l’alimentation animale, comme hormone de croissance vĂ©gĂ©tale, comme engrais vert, en phytopharmacie ou comme pĂąte Ă  papier font l’objet de nombreuses recherches.

Culture

Le Moringa peut se trouver dans des zones trĂšs arides comme le Sahara, mais il aime Ă©galement les climats semi-tropicaux humides. Sa racine tubĂ©reuse lui permet de se passer d’eau pendant plusieurs mois. Son nom sĂ©nĂ©galais “NĂ©bĂ©daye” et son nom français de “NĂ©verdier” viendraient de l’anglais “Never die” : lorsqu’on le coupe ou que des jeunes pousses sont brĂ»lĂ©es par le soleil, il repousse aussitĂŽt avec les premiĂšres pluies. Il peut se planter par semis, en repiquage ou en plein champ, ou par boutures. On peut le cultiver de façon extensive pour une production de graines (semences ou production d’huile) ou de façon intensive irriguĂ©e pour une production optimale de feuilles (trĂšs nutritives) avec une rĂ©colte toutes les 6 semaines ! C’est un arbre Ă  croissance trĂšs rapide : jusqu’Ă  1 mĂštre par mois !
Facile Ă  planter, l'”Ananambo”, trĂšs rĂ©pandu dans cinq des six provinces de Madagascar (Fianarantsoa, TulĂ©ar, Majunga, Diego-Suarez et Tamatave), se plante par bouture. Son reboisement en masse contribue Ă  la prĂ©servation de l’environnement et cet arbre se rĂ©vĂšle un pare-feu efficace.

Production

Plusieurs organismes ont isolĂ© la protĂ©ine active du floculant de Moringa pour faciliter son utilisation dans les usines de traitement des eaux mais aussi pour l’aquaculture d’algues, les usines de pĂąte Ă  papier, les caves viticoles ou le secteur minier. La production et l’utilisation du Moringa dans des conditions Ă©conomiques rĂ©elles est en train d’ĂȘtre mises au point.

Classification

RĂšgne : Plantae
Sous-rĂšgne : Tracheobionta
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Sous-classe : Dilleniidae
Ordre : Capparales
Famille : Moringaceae
Genre : Moringa
Nom : binominal
Moringa oleifera
Lam., 1785

Classification phylogénétique

Ordre : Brassicales
Famille : Moringaceae