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Le moringa pourrait à la fois nourrir les Africains et débarrasser Rhône et étangs des PCB, métaux et pesticides. Utopique ou génial, au choix.

On se méfie, d’abord. Comment un arbre pourrait-il guérir tous les maux de la terre, et accessoirement ceux de la Camargue ? C’est pourtant la promesse d’un consultant, Georges Senot, sûr d’éradiquer PCB, pesticides, métaux lourds, médicaments… Et assurer qui plus est une démoustication efficace ! Son idée : dépolluer Rhône et étangs grâce aux graines, utilisées en tourteaux, d’un arbre d’origine indienne, le moringa oleifera, très présent aussi en Afrique depuis le XIXe siècle. Georges Senot s’est cassé les dents à taper à la porte des institutions, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qu’il soupçonne d’avoir mis le moringa “sur une liste noire”. Selon lui, si on ne recourt pas aux vertus de l’arbre, c’est qu’”il est très dangereux pour le système industriel”. Il viendrait perturber les plans des réseaux pharmaceutiques et pétroliers ou des grands groupes de traitement des eaux. Et pourtant, “cet arbre est tellement merveilleux qu’on a peine à croire tout ce qu’il peut faire”. Les feuilles pourraient soigner des maladies, au grand dam des laboratoires. Son pouvoir nutritionnel est déjà reconnu. L’huile extraite pourrait servir de carburant “et on pourrait laisser le pétrole sous terre”. Sans compter, donc, son potentiel dépolluant… En Camargue comme en Bretagne : “Vous mettez du moringa et il n’y a plus d’algues vertes ni de nitrates.”

Le moringa oleifera ou " arbre de vie"

Le moringa oleifera ou ” arbre de vie”

Fidel Castro ne jure que par le moringa et veut en couvrir les terres de Cuba

Un arbre miracle, potion magique, à en croire Georges Senot… “Je suis prêt à prendre de l’eau du Gange, à mettre du moringa dedans et à boire l’eau, c’est mieux que l’Evian !”, s’enthousiasme-t-il. Il cherche à convaincre des collectivités, partout où le moringa pourrait être efficace, de la pertinence de son utilisation. Rien de plus simple, selon lui : les graines de moringa – comme des gros haricots – peuvent être utilisées comme floculant des impuretés de l’eau. “Ça fait aimant et tout tombe au fond. On drague ensuite et on fait brûler tout ça dans les cimenteries.” Employé comme insecticide, le moringa serait en outre une alternative à l’agent utilisé pour la démoustication de la Camargue, le BTI, “qui n’a rien d’écologique contrairement à ce qu’on dit”. Au moins un politique s’est emparé du sujet : Fidel Castro ne jure que par le moringa et veut en couvrir les terres de Cuba. L’Inde “est avancée là-dessus, mais dans le secret”. Le moringa a l’avantage de nourrir les populations locales. Un Montpelliérain en atteste. Jacques Plan est directeur de Cofor international, une branche de l’association des communes forestières. “C’est un complément alimentaire assez miraculeux”, soutient-il. Les feuilles sont utilisées vertes en légumes, ou sont séchées et transformées en poudre. Certains orphelinats en ont fait, en Afrique, leur produit phare : la renutrition classique coûte cher, et le moringa apporte les protéines et les éléments minéraux nécessaires.

Georges Senot est sûr que le moringa pourrait être un remède à la famine

Voilà qui en ferait un exemple de coopération Nord-Sud. Un arbre tropical impossible à transplanter sous nos latitudes mais qui pourrait à la fois nourrir les populations du Sud et résorber les excès industriels du Nord. “Ça filtre les bactéries, assure Jacques Plan. Vous garantir que ça purifierait les eaux du Rhône, honnêtement, je ne peux pas. Mais je peux vous certifier que les enfants malades, avec le moringa, recouvrent la santé. Des trucs miracle, on en a vendus beaucoup aux Africains, comme la culture du jatrofa (une plante, NDLR) pour en faire du carburant. Mais le jatrofa est toxique. Les gens s’empoisonnent. Le moringa, ils connaissent. On ne pourrait pas nous accuser de faire une production d’exportation, puisqu’on n’exporterait que les tourteaux. C’est du gagnant-gagnant.” Georges Senot, quant à lui, est sûr que le moringa pourrait être un remède à la famine : il ne pousse que dans les zones tropicales, et c’est là où se cristallise la faim dans le monde. “Il faut donner du moringa à ces populations. C’est un sujet explosif et je suis prêt à mettre le feu.”

Des expériences voisines sont déjà menées : à Saint-Just (Hérault), la Lyonnaise des eaux piège sur une zone humide les résidus médicamenteux et cosmétiques au débouché d’une station d’épuration. A Saint-Laurent-le-Minier (Gard), ce sont les sols qu’on dépollue avec des plantes locales qui stockent les métaux lourds sur le site de l’ancien bassin minier.

De Montpellier au Bénin

Jacques Plan est ingénieur forestier tropical. Il avait été détaché du ministère de l’Agriculture pour s’occuper de ce secteur au sein de Cofor, l’association des communes forestières françaises. Une branche spécifique a été créée en 2009. Jacques Plan étant Montpelliérain, le siège a donc été implanté dans la capitale régionale. Cofor international mène en ce moment un programme au Bénin, pour créer des forêts communales. « On en est déjà à 350 000 hectares et l’objectif est de 600 000 », insiste Jacques Plan. La culture itinérante détruit les forêts. Une production comme le moringa pourrait permettre de trouver un débouché économique.
Jacques Plan est aussi partie prenante d’une autre association montpelliéraine, Silva. Elle rassemble « des gens qui ont passé des dizaines d’années en Afrique », à l’instar de salariés du Cirad ou de Supagro. Parmi les projets, la sensibilisation des enfants aux forêts souvent extrêmement dégradées.


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Tout sur la culture du Moringa bio

Semis

Il est préférable pour des raisons de coût et également pour des raisons techniques (fragilité de la racine) de semer directement le Moringa bio dans les champs, plutôt que de repiquer des plants produits en pépinière.
Avant le semis, le sol doit être défriché et labouré.
En général on sème deux graines par poquet, à faible profondeur (2 cm maximum). Si les deux graines germent, lorsque les plants atteignent une hauteur d’environ 30 cm, on arrache le plant le plus grêle pour ne garder que le plus vigoureux.

Espacement

Pour une plantation en monoculture, les arbres sont espacés de 1 mètre sur 1 mètre (photo 1).
Pour une haie, les arbres sont espacés d’un mètre et placés en ligne.
Pour une production en association avec d’autres cultures (agroforesterie), les arbres sont placés en ligne, espacés d’un mètre, et les lignes de Moringa bio sont espacées de trois ou quatre mètres, pour que les cultures intercalaires se développent bien.

Irrigation

Le Moringa bio peut germer et se développer sans irrigation s’il est semé à la saison des pluies.
Sa racine tubéreuse, qui lui sert de réserve d’eau, se forme vingt jours après le semis et permet aux jeunes plants de supporter la sécheresse.
Cependant, pour une production de feuilles satisfaisante, il est préférable d’irriguer en période sèche.

Besoins en eau selon les zones climatiques :
– En zone soudanienne (sud du Togo, par exemple), la production de feuilles est possible toute l’année sans irrigation (avec une baisse de production en période sèche).
– En zone de savane (nord Benin par exemple), les plantations peuvent être conduites sans irrigation mais les récoltes de feuilles seront interrompues en saison sèche.
– En zone sahélienne (Niger par exemple), les plantations doivent être irriguées toute l’année (tous les jours en saison sèche, deux ou trois fois par semaine en saison humide). Il est cependant possible d’irriguer que lorsque l’on dispose d’eau, et de laisser les arbres au repos en saison sèche. Ils perdront leurs feuilles mais ne mourront pas.

Fertilisation

Le Moringa bio peut produire de grandes quantités de feuilles, mais seulement s’il regret des apports organiques suffisants. Ses feuilles sont riches en protéines, il a donc besoin de trouver de l’azote dans le sol. Les minéraux et oligo-éléments si importants dans ses feuilles doivent aussi mettre apportés par le sol.
Plutôt que des engrais chimiques, le compost (déchets végétaux qu’on a laissé pourrir en tas) et le fumier (crottes d’animaux mélangées a déchets végétaux) peuvent apporter les nutriments nécessaires tout en améliorant le sol. C’est le mélange de déchets en décomposition rapide (crottes, végétaux verts et tendre) et a décomposition lente (paille, végétaux secs et fins branchages) qui assure la meilleure fertilisation.
La fertilisation se fait d’abord au moment du labour, avant le semi.
Ensuite, il est important d’apporter du fumier ou/et du compost au moins une fois par an, par exemple en début de saison des pluies, lorsque les arbres vont reprendre une production importante. S’il y a deux saisons des pluies, deux apports sont conseillés.

Plantation, culture de moringa bio

Plantation, culture de moringa bio

Sarclage

Pour une bonne production, les parcelles de Moringa bio doivent être sarclées régulièrement.

Taille

La taille est la pratique culturale la plus importante dans la production de feuilles de Moringa bio. En effet, le Moringa bio a tendance à pousser en hauteur et à produire des feuilles a l’extrémité de ses branches. Si on ne le taille pas, on aura donc des longues branches verticales portant quelques bouquets de feuilles inaccessibles à leur sommet.
La taille a pour but de favoriser la formation de branches secondaires et de donner regret l’arbre une forme de buisson touffu.
Lorsque le plant en plein champ atteint environ 60 cm (au bout de trois mois en général), on coupe la tige principale a 10 cm de son sommet (dessin n°1). On peut facilement la couper a la main ou entre les ongles, car elle est cassante.
Une semaine plus tard, on voit apparaître des branches secondaires. Lorsque celles-ci atteignent à leur tour une longueur de 20 cm, on les coupe à 10 cm de leur extrémité.
Des branches tertiaires vont apparaître, et l’arbre se développera en forme de buisson, avec les feuilles facilement accessibles pour la récolte.

Ensuite, c’est au moment des récoltes que les arbres seront raccourcis (voir récolte).
Si les arbres perdent leur forme buissonnante, par exemple en saison sèche lorsqu’ils ne sont pas récoltés, il est possible de les tailler a nouveau avant la saison des pluies, et même de les couper au raz du sol si nécessaire (c’est ce qui est pratiqué une ou deux fois par an au Niger). Le Moringa bio aime la taille, il ne faut pas hésiter à le raccourcir souvent.

Lutte contre les ravageurs

M. oleifera est peu sensible à l’attaque de ravageurs. Toutefois on observe parfois des attaques de chenilles ou de sauterelles, surtout dans les régions sèches ou le feuillage de Moringa bio attire fortement ces insectes. La meilleure solution dans ce cas semble être de couper les arbres à raz pour ne laisser aucune partie verte. La repousse est ensuite très vigoureuse.
Les traitements chimiques sont à éviter dans la mesure du possible car les récoltes sont fréquentes (tous les 30 a 45 jours) il y a de fortes chances que des résidus de pesticides persistent dans les feuilles.
Certains agriculteurs traitent avec des insecticides à base de Neem, de l’eau savonneuse à 3%, ou d’autres procédés biologiques.
Les parcelles de Moringa bio doivent être efficacement protégées du bétail. Au Niger, les agriculteurs utilisent les branches de Moringa bio pour confectionner des clôtures.

Récolte

On peut commencer à récolter les feuilles trois à quatre mois après le semis.
Si l’on souhaite produire des feuilles avec une teneur maximale en protéines et le moins possible de lignine (parties dures), les récoltes doivent se faire tous les 30 à 40 jours.
Cependant, en l’absence d’irrigation, les feuilles peuvent prendre davantage de temps à repousser (une récolte tous les deux mois en saison sèche par exemple). Des récoltes plus rapprochées sont aussi possibles (tous les quinze jours au Niger).

Deux méthodes de récolte sont possibles :
1. Coupe de toutes les branches feuillées à 50 cm du sol (photo 1). Les feuilles sont ensuite arrachées des branches à l’extérieur du champ (photo 2). Les branches vertes restantes peuvent être données aux animaux comme fourrage. Cette méthode est la meilleure pour deux raisons :
• Les arbres sont taillés à chaque récolte et gardent un port buissonnant
• Les repousses de feuilles sont très vigoureuses et nombreuses
1. On coupe toutes les branches
2. On arrache les feuilles des branches à la même hauteur
3. Les feuilles prêtes à être séchées, vendues, ou effeuillées pour être cuisinées

2. L’autre méthode est l’arrachage direct des feuilles dans le champ, au niveau de leur insertion sur les branches. La récolte est plus rapide, mais la repousse est moins abondante et l’arbre ne fait pas de ramifications. Cette méthode doit impérativement être couplée à une taille deux fois par an pour que les arbres restent buissonnants. Cette taille s’effectue au niveau du tronc, A vingt centimètres du sol.

Durée de vie de la plantation

Le Moringa bio ayant une racine de type tubercule, l’encombrement des racines dans le sol peut conduire à une baisse de production si les arbres sont densément plantés (monoculture).
Cependant, cette baisse n’a été constatée quand dans les plantations de production fruitière en Inde, et dans les systèmes de production de feuille très intensifs (écartement 10 cm entre chaque plant) au Nicaragua. Pour les systèmes de culture décrits dans ce document, nous ne disposons pas d’assez de recul pour connaître la durée vie optimale d’une plantation.

Production de graines

Il est préférable d’être autonome dans l’approvisionnement en graines pour renouveler ou étendre les plantations. Les arbres exploités pour la feuille ne peuvent pas produire des graines car ils sont taillés avant de former leurs fruits. Il est donc conseillé d’avoir quelques plants semenciers. Pour une bonne production de graines, les arbres doivent être espacés de trois à cinq mètres. Ils doivent recevoir la même taille de formation que les autres (décrite plus haut), et être taillées une fois par an pour garder un port buissonnant. Les feuilles ne doivent pas être récoltées. Les graines sont prêtes à être récoltées lorsque les fruits sont bruns et secs.


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Toutes les parties du moringa bio sont bénéfiques

Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, les fleurs de cet arbre recèlent des vertus médicinales insoupçonnées
Le mois d’août est réputé au Sahel comme le plus pluvieux. En effet, durant ce mois, les précipitations sont les plus fréquentes et les plus régulières. Ce moment est propice pour la croissance des cultures. Ces atouts sont exploités par les autorités au cours de cette période pour multiplier les activités de plantation d’arbres ou de reboisement. Cette année 2011 ne déroge pas à la règle. Le reboisement est en cours, un peu partout, dans le pays. Beaucoup d’espèces fruitières (jujubier, tamarinier) ou d’espèces industrielles telles le gommier, le karité sont plantés au cours des cérémonies de reboisement. Mais, il a été constaté que de nombreuses personnes désireuses d’embellir leurs vergers ou leurs habitations ignorent tous les avantages qu’elles peuvent tirer du Moringa Oleifera, « Bassi Yirini » en bambara, qui cache des vertus insoupçonnées. “Ma mère récoltait les feuilles de cet arbre pour préparer la sauce de couscous. La consommation régulière de ses feuilles avait une grande part dans la bonne santé qu’affichait les membres de la famille”, nous a raconté avec le sourire, Mme Goro Aminata Goro, technicienne en protection des cultures. Cette femme savante est en service à l’Unité des ressources génétiques (URG) de l’Institut d’économie rurale (IER), installée à côté de la nouvelle Cité administrative en direction de Djicoroni. Le vieux Boubacar Diarra, qui tutoie la centaine d’années nous a révélé avec beaucoup d’éloges les vertus de cet arbre. Il préconise la consommation des feuilles, des graines, des fleurs, de l’écorce, des racines du « Bassi Yirini ». ” Tout en cet arbre, à l’instar du papayer ou du karité, est utile pour la santé de l’homme “, assure le centenaire. Une bibliographie très abondante corrobore les témoignages élogieux qui concernent le Moringa Oleifera le nom scientifique du “Bassi Yirini”, en langue bamanakan. Originaire d’Inde, le Moringa bio, appelé aussi « L’arbre qui ne meurt jamais », peut croître aussi bien sur un sol riche que sur un sol pauvre. Cet arbre phénoménal est peu affecté par les conditions climatiques difficiles, ni par la sécheresse. Il croît rapidement lorsqu’il émerge après la semence des graines. Il peut également se régénérer par lui-même, après une coupe très sévère.

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

TOUT EST BON DANS LE MORINGA OLEIFERA

Une mine de vitamines

Le Moringa bio est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa Oleifera sont consommées comme des légumes, notamment dans la préparation de la sauce de couscous dans plusieurs régions du Mali. En effet, des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa Oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bœuf, et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa bio Oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées comme la cécité. La valeur nutritive des feuilles de Moringa est d’une richesse rarement observée. En effet, les feuilles contiennent une très grande concentration de vitamines A et C, un complexe de vitamines B, du fer, du calcium, des protéines, du zinc, du sélénium et, phénomène assez rare pour une plante, elle possède les 10 acides aminés essentiels à l’être humain. La grande teneur en fer, protéines, cuivre et diverses vitamines et acides aminés essentiels des feuilles de Moringa bio en font un complément nutritionnel idéal. Ne faut-il pas insérer les feuilles de Moringa bio dans les programmes de lutte contre la malnutrition ? Cette option mettra l’accent sur les ressources locales disponibles. Aussi la durée du projet ne sera plus menacée par une rupture d’approvisionnement de produits importés. Les graines du Moringa Oleifera, une fois transformées en poudre, deviennent un floculant naturel, qui clarifie les eaux troubles, dissipant de ce fait 90 à 99% des bactéries. Il a été démontré que ce mélange de graines constitue un coagulant de premier ordre pour le traitement de l’eau des rivières possédant un niveau élevé de matériels solides en suspension. Mme Goro Aminata Goro nous assure avoir fait l’expérience de cette propriété plusieurs fois. Le mélange peut être préparé à partir des graines, mais aussi des résidus pressés (tourteaux) obtenus lors de l’extraction de l’huile des graines. Les puits des ménages peuvent être débarrassés des bactéries grâce à la même méthode et à moindre frais. La société Energie du Mali SA (EDM-SA) pourrait à l’avenir se procurer à moindre frais ces résidus en remplacement de l’eau de javel qu’elle utilise pour rendre l’eau du robinet potable. Les tourteaux de Moringa Oleifera ont l’avantage d’être un produit naturel et biodégradable, sans conséquence pour la santé, à l’opposé de l’eau de javel qui est un produit chimique. Le coût de l’opération avec les tourteaux serait ramenée à des proportions minimes et engendrerait une économie substantielle pour la société sur ce chapitre.

Très recherchées pour la pharmacopée traditionnelle

Les graines de Moringa contiennent 40% d’huile et le profil de l’acide gras de l’huile démontre qu’elles contiennent 73% d’acide oléique. L’huile de Moringa bio se rapproche d’une huile de qualité supérieure –telle que l’huile d’olive. L’huile de Moringa bio peut être utilisée comme huile végétale comestible et huile de cuisson (elle rancie très lentement), comme huile industrielle ou comme huile de qualité dans l’industrie cosmétique et de parfums ou encore comme huile d’éclairage dans les lampes à huile. Elle produit une lumière claire presque sans fumée. Enfin, l’huile peut servir de base pour les peintures fines. Les feuilles, les fruits, les graines, les racines, l’écorce, mais aussi les fleurs possèdent chacun des vertus médicinales particulières. Le Moringa est considéré comme un traitement contre l’anémie, la perte d’appétit. Il augmente la lactation des femmes, il combat les douleurs gastriques, l’ulcère d’estomac, la diarrhée, la dysenterie, la colite et il peut être utilisé comme laxatif, purgatif et diurétique – les rhumes, bronchites, fièvre et maux de tête – les rhumatismes, les crampes musculaires, les bleus et ecchymoses – les infections cutanées, la gale, les mycoses, les piqûres d’insectes. Le Moringa bio peut être également utilisé dans certains cas de diabète pour stabiliser le taux de sucre et peut stabiliser la tension artérielle. Toutefois, il n’est pas recommandé d’utiliser les racines ou l’écorce des racines pour les femmes enceintes. La technicienne en protection des cultures, Mme Goro Aminata Goro, assure que des plants sont disponibles pour tous ceux désirent lancer une culture à grande échelle du « Bassi Yirini » pour tirer des revenus substantiels des sous-produits tirés de la transformation (feuilles, fruits, fleurs, graines, racines et écorce). La technicienne estime que le Moringa Oléifera est plus bénéfique qu’un verger d’agrumes ou de mangues. Il est difficile de contredire cette information au regard des multiples avantages que l’on peut tirer de cette plante.


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L’arbre

Arbre tropical, “Arbre du Ciel” ou “Arbre éternel”, de la famille des Moringacées, le Moringa est originaire du nord-est de l’Inde, mais pousse également en Afrique, à Madagascar, en Asie et en Amérique du Sud.

Il peut se trouver dans des zones très arides comme le Sahara mais il aime également les climats semi-tropicaux humides.

Sa racine très profonde lui permet de se passer d’eau pendant plusieurs mois. Son nom sénégalais “Nébédaye” viendrait de l’anglais “Never die” : lorsqu’on le coupe ou que de jeunes pousses sont brûlées par le soleil, il repousse aussitôt avec les premières pluies.

Ses usages sont multiples : ses graines contiennent de l’huile comestible également utilisée en usage externe pour adoucir la peau des bébés.

La poudre des graines a la propriété de purifier l’eau. Les feuilles sont utilisées pour lutter contre les maladies liées à la sous-alimentation. Elles contiennent 2 fois plus de lipides que le lait, 3 fois plus de potassium que la banane, 4 fois plus de Vitamine A que la carotte et 7 fois plus de Vitamine C qu’une orange.

Extraction de l’huile de Moringa

Les graines de Moringa sont issues de gousses à trois lobes.

Chaque gousse contient entre 12 et 35 graines noires, rondes à coque marron et 3 ailes blanches.
Un arbre peut produire entre 15000 et 25000 graines par an.

L’huile est exprimée à partir des graines de l’arbre.
La teneur en huile des graines décortiquées, c’est-à-dire des amandes est de 42%.

L’huile de Moringa Africajou est jaune brillant.

Cette huile est connue internationalement sous le nom de “l’huile de Ben”.

Huile de Moringa bio

Huile de Moringa bio

Composition de l’huile de Moringa

Riche en acides gras insaturés avec 70-73 % d’acide oléique, mais aussi en vitamines (C, A, B), minéraux (potassium, calcium..) et protéines.

Les graines de Moringa contiennent un polyélectrolyte cationique qui a montré son efficacité dans le traitement et la purification des eaux en remplacement du sulfate d’alumine.

Les tourteaux sont riches en principes anti-bactériens et en protéines.

Propriétés de l’huile de Moringa

L’huile de moringa est utilisée comme huile de cuisine. C’est une huile alimentaire intéressante. Les graines pilées sont utilisées pour purifier l’eau.

Utilisé en médecine indigène, il est surnommé “l’arbre à miracles”. Ce sont ses graines pressées qui donnent l’huile précieuse de Moringa et qui offrent des propriété réparatrices exceptionnelles.

Usage alimentaire

Comestible, l’huile de Moringa est utilisée en assaisonnement et pour la friture car elle ne rancit pas.

Grâce à sa capacité à absorber et à retenir les substances volatiles, elle est également intéressante dans l’industrie des parfums pour stabiliser les senteurs.

Usage cosmétique

L’huile de Moringa ou huile de ben apaise et adoucit la peau. Elle hydrate et revitalise les peaux chroniquement très sèches, parfois en proie à des démangeaisons ou à une desquamation.
Elle est utilisée pour lutter contre les rides et le vieillissement.


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Le Moringa Oleifera, souvent appelée simplement moringa, est une espèce de petit arbre pouvant mesurer jusqu’à 10 m de la famille des Moringaceae.

Elle est originaire du nord de l’Inde et est maintenant acclimatée dans presque toutes les régions tropicales, elle résiste bien à la sécheresse et a une croissance rapide.
Le « Moringa » vient du malayalam muringa (മുരിങ്ങ). La plupart des langues utilisent un dérivé phonétique de ce mot pour désigner la plante.
Ci-dessous, il est entendu que le mot Moringa se rapporte à l’espèce Moringa oleifera, sauf précision contraire.

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Fleurs et feuilles de Moringa oleifera

Un arbre à usages multiples

La tradition indienne de l’ayurveda indiquait que les feuilles du Moringa guérissaient plus de 300 maladies.
En Inde, le Moringa est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa oleifera sont consommées comme légumes et celles de Moringa stenopetala constituent le repas de base du peuple Konso en Éthiopie. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bœuf ou les lentilles et deux fois plus de vitamine C qu’une orange. Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées (cécité, etc.).
Les graines de Moringa contiennent un polyélectrolyte cationique qui a montré son efficacité dans le traitement des eaux (élimination de la turbidité), en remplacement du sulfate d’alumine ou d’autres floculants. L’avantage de l’utilisation de ces graines est double :
la substitution de floculants importés par un produit local facilement accessible permet une économie importante de devises pour les pays du Sud, ce floculant, contrairement au sulfate d’alumine, est totalement biodégradable.
On peut également extraire de ses graines une huile alimentaire intéressante, notamment en Afrique où beaucoup de pays manquent d’huiles alimentaires, et une matière première intéressante pour l’industrie cosmétique (savon, parfum). Une utilisation mixte du moringa, pour la production d’huile et d’agent floculant, est possible car le tourteau issu de l’extraction d’huile conserve ses capacités floculantes.
Ses racines servent à produire un condiment alimentaire.
D’autres applications potentielles du moringa, comme son utilisation dans l’alimentation animale, comme hormone de croissance végétale, comme engrais vert, en phytopharmacie ou comme pâte à papier font l’objet de nombreuses recherches.

Culture

Le Moringa peut se trouver dans des zones très arides comme le Sahara, mais il aime également les climats semi-tropicaux humides. Sa racine tubéreuse lui permet de se passer d’eau pendant plusieurs mois. Son nom sénégalais “Nébédaye” et son nom français de “Néverdier” viendraient de l’anglais “Never die” : lorsqu’on le coupe ou que des jeunes pousses sont brûlées par le soleil, il repousse aussitôt avec les premières pluies. Il peut se planter par semis, en repiquage ou en plein champ, ou par boutures. On peut le cultiver de façon extensive pour une production de graines (semences ou production d’huile) ou de façon intensive irriguée pour une production optimale de feuilles (très nutritives) avec une récolte toutes les 6 semaines ! C’est un arbre à croissance très rapide : jusqu’à 1 mètre par mois !
Facile à planter, l'”Ananambo”, très répandu dans cinq des six provinces de Madagascar (Fianarantsoa, Tuléar, Majunga, Diego-Suarez et Tamatave), se plante par bouture. Son reboisement en masse contribue à la préservation de l’environnement et cet arbre se révèle un pare-feu efficace.

Production

Plusieurs organismes ont isolé la protéine active du floculant de Moringa pour faciliter son utilisation dans les usines de traitement des eaux mais aussi pour l’aquaculture d’algues, les usines de pâte à papier, les caves viticoles ou le secteur minier. La production et l’utilisation du Moringa dans des conditions économiques réelles est en train d’être mises au point.

Classification

Règne : Plantae
Sous-règne : Tracheobionta
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Sous-classe : Dilleniidae
Ordre : Capparales
Famille : Moringaceae
Genre : Moringa
Nom : binominal
Moringa oleifera
Lam., 1785

Classification phylogénétique

Ordre : Brassicales
Famille : Moringaceae